Adolf Hitler à la FIAC

adolf-hitler-fiac-2008-slm-0.JPG

adolf-hitler-fiac-2008-slm-01.JPG

adolf-hitler-fiac-2008-slm-02.JPG

adolf-hitler-fiac-2008-slm-03.JPG

White Cube et les frères Chapman, Jake et Dinos, ont créé l’événement majeur de la FIAC 2008 : Londres balaie la foire parisienne.

Je ne parlerai pas des deux autres séries de travaux présentés sur le stand (peinture et sculpture), puisqu’il ne s’agit que de provocation gore, visiblement jugée nécessaire, mais qui dessert la gravité et l’originalité fondamentale de l’acrochage.

If Hitler had been a hippy how happy would we be s’inscrit parmis les icônes politiques contemporaines les plus originales. Les dessins à la plume ou à la mine de plomb de l’artiste initial, Adolf Hitler, datent de 1916 et 1917 : scènes de guerre, combats, ruines… Réapparus récemment, ces dessins colorés ont été achetés, puis rehaussés par Dinos et Jake Chapman à l’aquarelle et à l’encre de Chine. Je n’ai pas vu de contre-signature des deux frères.

La charge historique, émotive et symbolique de cette modeste série, sorte de carnet de front d’un soldat de vingt ans est absolue. Ces feuilles de petit format, faites en 16-17 et reprises en 2008 sont, à la fois, un résumé saisissant du vingtième siècle européen et une oeuvre d’art contemporain de premier plan.

Tenter d’opposer à l’art puissant et risqué des Anglais, aux Veau d’Or hirstique et croquis hitléro-chapmaniens des rayures, tricots, pots, bla-blas féministes et blanchissages de vitres… n’est pas raisonnable. Le Contemporary Art Super Business est une arme de guerre à laquelle la France oppose… le prix Marcel. “Energy is 75% of the job. If you haven’t got it, be nice.”

SLM@D0010.ORG

Commentaires

10 Réponses à “Adolf Hitler à la FIAC”

  1. Maxime Coupez le 29 octobre, 2008 9:39

    Deux remarques.

    Sur le plan politico-historique, maquiller des témoignages aussi précieux relève de l’inconscience. Les dessins d’Hitler sont perdus à jamais.

    Sur le plan conceptuel, il faut avouer que l’idée est bonne. Mais elle est entachée d’un parfum de provocation et d’ultra-marketing qui la décrédibilise presque totalement.

  2. gendreau le 29 octobre, 2008 10:55

    C’est et trop et trop peu. Je m’attendais à un type de travail ” peinture de guerre” que l’on voit, signé des années 1916-17 mais trouver un dessin comme “Germania” de 1912… je doute. J’aimerais une approche plus “historique” et moins spectacle!!!

  3. S L M le 29 octobre, 2008 17:34

    Maxime Coupez a entièrement raison quand il parle de “maquillage de témoignage”. Mais puisque nous sommes encore dans le contemporary art super business, alors l’ultra-marketing n’est pas un exces… mais une obligation !

    Joël Gendreau attend une “approche historique” : pourquoi ? S’agit-il d’histoire ? Non. Alors ?

  4. mesguich jean yves le 31 octobre, 2008 21:52

    les oeuvres à plusieurs mains ne sont pas rares et mêmes assez courantes, les surimpressions sur des oeuvres existantes aussi. Il s’avère que toute surimpression sur un travail donne du relief mais ne révèle en rien les qualités du travail finit, C’est comme boire un mauvais vin en mangeant des noix.
    Le travail du jeune soldat Adolphe sur le front de 14- 18 n’a que peut d’intérêt, voire médiocre.
    Le musée du cadre noire de Saumure nous avait offert il y a quelques années des dessins du front d’une autre ampleur fait par des anonymes des deux côtés. qualité expressive et plastique.
    On parle ici des dessins d’un soldat qui s’est fait un nom sur la souffrance de millons d’êtres.
    Les frères Dinos et Jake Chapman passent aprés.
    Tant pis pour eux à vouloir exploiter autre chose que de travailler.
    dans ce cadre retenons plus tôt les dessins d’Arnulf Rainer qui aussi travail sur des dessins
    d’autres artistes,notamment ceux de Gugging avec une honnêteté, une qualité d’expression et une puissance du dessin incomparable.
    Terminons sur ce point pas très sérieux par cette note récente. Un cuisinier lors d’une émission télé a voulu présenter et cuisiner les plats préférés d’hitler. mal lui en a pris. On ne peut par l’anecdotique faire revenir sur la scène ce genre de personnage en le déconnectant de l’histoire,sauf a être peut scrupuleux, ou engagé politiquement.
    une simple note alors: mal garé.

  5. Maxime Coupez le 3 novembre, 2008 10:02

    Je ne cherche même pas à entrer dans le débat sur la qualité artistique des oeuvres de Jake et Dinos Chapman. Que ces dessins retravaillés soient époustouflants ou simplement nuls, les témoignages historiques sont détruits de la même façon.

    Combien d’historiens rêveraient d’accéder à des documents aussi précieux? Quels renseignements donnaient ces aquarelles sur la personnalité d’Hitler, sur la construction de son noir projet?

  6. S L M le 3 novembre, 2008 10:31

    Trois choses à constater :

    - Relativement peu de bruit autour du fait que, post mortem, l’apprenti peintre autrichien Adolf Hitler soit, enfin, exposé à la FIAC ;

    - Les pièces présentées ont été retirées pendant la foire ;

    - Enfin, que tous les commentateurs discutent l’aspect historique de la chose quand, me semble t-il, ceci n’est qu’une question de marketing… et rien d’autre.

  7. gendreau le 3 novembre, 2008 14:35

    “ceci n’est qu’une question de marketing… et rien d’autre.”
    Sauf pour ceux qui ont vécu cette période et quelques uns qui ont un peu de mémoire…

    Que l’on ne puisse pas “faire de la cuisine” ou une expo avec ça me parait une bonne chose… ni une promotion d’ailleurs!!

    Le retrait a t’il été expliqué?

  8. S L M le 6 novembre, 2008 18:08

    Excellent papier d’André Rouillé :

    “La prolifération des foires, des salles de vente, des spéculations à outrance et des collectionneurs-vedettes caractérisent le moment présent où la règle a raison de l’exception; où les œuvres ne sont plus faites pour le monde, pour en capter les résonances et les pulsations profondes, mais au contraire pour satisfaire les besoins financiers ou politiques des hommes; où le différent sombre dans la répétition et le même.
    Avec le monde et pour de semblables raisons, l’art est crise, menacé par cette situation funeste où la demande prévaut sur l’offre, la consommation sur la production — les vendeurs et les acheteurs sur les artistes.”

    Allez sur Paris Art pour le lire en entier… sans oublier de demander à AR s’il a jamais invité ses propres lecteurs à lire ailleurs que sur son propre site des bons textes.

  9. lallement amélie le 12 novembre, 2008 7:04

    refrain:
    Sur les bancs du jardin s’étaient assis les jours:
    ne laissant derrière eux qu’un pauvre missionnaire
    chargé,de nous conter,nos défuntes amours.

    Mais voyez-vous,parfois,
    il s’emmèle dans ses vers.
    Et:comme il n’est de lois
    pour la poésie pure,
    il en profite chaque fois,
    pour rouvrir les blessures.

    Dessins qui suppurent

    Et pour panser nos plaies:
    nous n’avons qu’un espoir
    c’est d’enfin illustrer
    la vérité de l’histoire

  10. Marie Sallantin le 17 novembre, 2008 15:26

    Je suis allée sur Paris Art lire cet excellent papier et j’ai invité son auteur à ne pas hésiter à inciter ses lecteurs à venir picorer d’autres assiettes. Tout cela fait beaucoup d’infinitifs . N’est-ce pas bien?

Ecrire un commentaire: