Amélie Lallement : un destin dessiné, poétique.

Amélie connaît l’hôpital psychiatrique de l’intérieur.
Les neuroleptiques sont sa nourriture quotidienne depuis trop longtemps.
La dernière fois où nous avons parlé, je l’ai quittée pleurant - elle, Amélie - sur le Pont Marie.

Manuela Paul-Cavalier et Guillaume Martel ont encadré quelques uns de ses petits formats ; vous les verrez à la FID.

Voici un dessin et un poème. Si vous n’aimez pas, ce n’est pas de ma faute.

amelie.JPG

A un Patient :

quel terrible murmure de mon voisin d’asile
il chuchote,il respire, il suinte sur le mur
il attend quel exil, il vit dans quelle blessure
une plaie qui trompera, sa conscience d’être là
et à moments violés, lui feront oublier
qu’il est comme moi surpris, qu’il est comme moi suture
et sans cesse en sursis d’un monde qui censure

prendre le traitement
qui fait mourir lentement
et nous on y croyait
que s’était d’étouffer
une idée qui naissait
une bataille qui germait
on n’voulait rien céder
et maintenant menacés, écorchés, dépecés
nous voila tous serrés
avançant inconscients
en rang bien alignés
vers les médicaments

Le soleil travesti, par les vitres jaunies
rayonne de pâleur, commence à nous faire peur
car il descend fièrement entraînant les jours blancs
dans sa triste froideur et laissant comme ennemie
la nuit qui engloutit

Amélie Lallement, 2009, Paris

Commentaires

10 Réponses à “Amélie Lallement : un destin dessiné, poétique.”

  1. lallement amélie le 19 mars, 2009 10:40

    Merci Monsirur Litvin Manoliu,devant mon écran,j’ai comme sur le pont -Marie,une irrépréssible envie de pleurer,vous m’avez dit ce jour là que je faisait un métier difficile et mes larmes sont aussi pour tous ceux qui comme moi peine dans leur métier,quel qu’il soit.Amélie

  2. gendreau joël le 19 mars, 2009 14:14

    Bonjour,

    Aimer… ou ne pas aimer… c’est toujours un risque pour un artiste de (s’) exposer.

    Je me mets au clavier surtout pour dire un truc entre dessin et … psychologie ? pour signaler une approche qui date déjà mais que je crois toujours d’actualité. Il s’agit de la démarche de Betty Edwards “Dessiner grace au cerveau droit”; elle y aborde un aspect que je pense essentiel de l’humain, le développement de potentiélité que notre culture atrophie à partir de 7 ans environ. Le résultat, c’est que l’on “croit voir” mais que l’on ne voit plus!! et quelques exercices pratiques montrent combien un trait est meilleur quand son auteur n’en nomme la raison, la nature. Ceci est particulièrement observable avec le portrait.

  3. lallement amélie le 20 mars, 2009 0:18

    Nous ne parlons plus de psychologie,mais de psychiatrie.Je laisse mon cerveau droit à la peinture.

  4. Stef Messe… le 25 mars, 2009 15:56

    J’aime!
    Tu étais déjà une artiste à 14 ans. Peut être trop intelligente, trop en avance et trop rebelle pour ton âge. Que tu sois peintre ne m’étonne pas et ton don pour l’écriture fait partie de toi. J espère que tes souffrances sont devenue des instants passés et que la force et la vie qui émanaient de toi sont toujours présents.
    Tu as été très importante dans mon adolescence - ce ne sont pas que des paroles- je souhaite que les gens qui t’entourent aujourd’hui sachent a quel point tu vaut la peine d’être connu.
    PS:La sonnerie de mon portable c’est “La fille du coupeur de joint”. Sentimentale ?

  5. S L M le 25 mars, 2009 21:59

    Amélie Lallement est une artiste véritable.

    Comprenons-nous ce qu’elle dit ?

  6. lallement amélie le 26 mars, 2009 15:10

    j’allais venir vous dire:
    Brulée par vos silences,
    chèrs innocents
    devant tant de violence
    dans mes tourments
    mélangés sentiments

    affaire de discipline,
    comme un prix à payé,
    comme sur un champs de mines
    que l’on ne peut traverser

    mais je veux surtout vous dire que je vous ai choisis avec la rigueur et le respect que vous-mème m’enseigner chaque jour.Merci Masse-les et Monsieur Manoliu

  7. lallement amélie le 26 mars, 2009 15:21

    Stéphanie,je me met ton vynil route 88 et surtout la fille du …

  8. Tony Valentine expose au musée Rignault - Le Blog du Dessin du 21e siècle le 27 mai, 2009 6:53

    […] Amélie Lallement lui a dédié son poème. […]

  9. Amélie lallement le 30 novembre, 2009 14:21

    F.I.D:Save the date,
    Les saison,un poète

    Tabac eparpillé,
    Sur un Zinc d’ouvrier,
    La palette est gris clair,
    et le pinceau au vers

    Piétiner les allées,
    Mes refrains sont pavés
    Souffrir les bancs dans les jardins
    Comme eux,ne pas mourrir pour rien

    ABBDICTION COMME PRIEREs
    ADDICTION ET LES GALERES
    ABSTRACTION …TU ES MA MERE, MA TERRE

    LIBERTAIRE à Marius Jacob,Merci

  10. Amélie lallement le 30 novembre, 2009 14:31

    J’ai voulu comme Zadig,tout lire,alors sur les blancs j’ai décidé d’écrire: ce destin en dessin.Sincerement.
    .Amélie Lallement.

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