Deuxième définition du dessin
… dans notre monde saturé d’images.
Le croyez-vous au service de la pensée ?
C’est, peut-être, bien le contraire !
SEMAINE DU DESSIN 2009 PARIS
FOIRE INTERNATIONALE DU DESSIN - FID
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21 janvier 2009 | Polémiques |
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7 Réponses à “Deuxième définition du dessin”
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Si l’on peut définir et aimer le dessin qui se défini par une expression graphique sèche, par le crayon de papier, ou le crayon, le fusain, la mine de plomb et rien d’autre, les accidents de ces outils ou les traces qu’ils permettent, c’est à dire l’estompage, les traces des doigts ou des paumes, les éclats du graphite et ses poussières qui marquent le papier font partie de l’expression physique du dessin, comme de la sueur qui peut maculer le papier, et j’aime ces, comment dire, contingences? misères? accidents? du dessin, qui viennent parfois en renforcer la vie. Un outil, qui tend à disparaitre sous sa forme radicale, remplacée par les crayons dits “aquarellables” est un crayon autrefois très banal, le “crayon à copier”, selon les marques à la mine allant du gris au violet, et qui, une fois son trait mouillé du pouce d’un peu de salive, change de couleur en un violet souvent très intense, et une feuille couverte de ces traits acquiert une vie très forte une fois imbibée avec un passage d’eau passée au pinceau, au chiffon ou au vaporisateur. Cette technique hybride est pour moi, aussi du dessin.
C.
Christophe Meyer parle bien des techniques de notre discipline quand il mentionne
“les accidents de ces outils ou les traces qu’ils permettent, c’est à dire l’estompage, les traces des doigts ou des paumes, les éclats du graphite et ses poussières qui marquent le papier font partie de l’expression physique du dessin, comme de la sueur qui peut maculer le papier, et j’aime ces, comment dire, contingences? misères? accidents? du dessin, qui viennent parfois en renforcer la vie.”
Sur son blog : http://dessindujourdechristophe.blogspot.com/
nos lecteurs peuvent découvrir un travail “célinien”, assez violent, cohérent, où le trait est toujours présent, assumé.
Bien sur que c’est le contraire.
Le monde saturé d’image…. et le dessin….?
Quel rapport..?
Le dessin serait….une image…?
Il faut relire “regard, parole, espace” d’Henri Maldiney…c’est urgent.
Au service de la pensée…?
C’est quoi la pensée quand le dessin a disparu.
Sur quoi s’appuie-t-elle?
De quoi se nourrie-elle
Sur les images…..?
Sur ce que les dessins racontent…?
Sur les fameux symboles qu’ils représentent sur leurs surfaces..?
C’est tout ce qui reste..? des symboles.
Des Symboles pour nourrir cette pensée.
Ou simplement des traces…?
Des traces de colère..?
De matières..?
C’est quoi les images..?
Ces trucs par milliers produits par des machines..?
Le dessin…..une image…?
Rien de moins sur et sûrement pas.
La pensée avale et digère des images depuis trop longtemps qu’elle s’est habituée. Elle a finie par mettre image et dessin dans le même sac (BD, design, mode, pub..)
Sait-elle encore penser…la pensée…? sait-elle se remettre en question parfois…?
Un autre langage,… c’est ce qu’est le dessin.
Et il faut “penser” dans cette langue.
Un langage malheureusement oublié….impossible de le comprendre aujourd’hui…pire que les pires des hiéroglyphes. Plus personne ne connaît la recette et tout le monde “pense” savoir. C’est ça la pensée. C’est savoir. Surtout savoir.
Le dessin, c’est surtout…ne pas savoir.
Tout est neuf.
Regardez attentivement….encore..encore. A un moment…surprise, vous ne reconnaissez plus rien. Vos repères que cette pensée contrôle s’évanouissent….
Mais pour retrouver cette sensation, il faut regarder longtemps. Avec application, ténacité.
C’est à ça que sert le dessin. A refaire le monde. A ramener cette “image” qui n’en est plus une désormais. La rapporté de “là bas”, dans les profondeurs de l’âme, là où plus personne n’a le temps d’aller.
Alors, le dessin au service de la pensée, c’est comme un banquier à votre service, ça vous donne l’impression d’être riche…. Et c’est pour ça qu’on dessine….pour voir. Voir plus loin que tout ça.
Jean-Yves Pinet commence par demander quel est le rapport entre “le monde saturé d’images” et le dessin. Je réponds :
Dans un monde d’écrans, dans un monde “made in PhotoShop”, la fonction symbolique du dessin est essentielle, car le dessin est la discipline du moins ; une technique “pauvre”. Dessiner le monde, dans le monde, c’est le réduire, tenter de le réduire à l’essentiel - à ce que l’artiste croît être l’essentiel.
Puis, J-Y P dit joliment “Sait-elle encore penser…la pensée…? “. C’est justement mon propos : le dessin comme pensée, peut-être même comme sur-pensée, quelque chose au-delà, dépassant, surpassant… Peut-être. L’art.
Pour finir, cette belle formule : “Le dessin, c’est surtout… ne pas savoir. Tout est neuf. Regardez attentivement… encore… encore. A un moment…surprise, vous ne reconnaissez plus rien“.
Oui, c’est bien ça, le dessin.
Merci, Jean-Yves !
Si l’Etre est ce qui nous entoure, alors le dessin comme un besoin pressant d’y entrer. Par moments c’est forcer l’entrée, à d’autres moments, accueillir, en effet ce n’est pas savoir…
Le dessin est un acte simple, tout le monde peut l’utiliser, il suffit d’un papier et d’un crayon, il est d’une grande sincérité. Le processus de réalisation d’un dessin reste visible, sa genèse est indélébile. Une forme peut répondre à une autre, elle peut très bien la dominer, et littéralement la manger ou la consumer et de cette manière peut en changer le sens. Les traits émergent d’hésitations et les espaces blancs sont lovés, maternés, protégés. Quant au papier, il se replie, se transforme, il est métamorphosable et n’a pas toujours le besoin d’être vu. C’est pourquoi, le dessin crée une véritable rencontre, il continue sa progression au delà des limites de sa création, même terminé il est hors champs. De ce fait, il éveil la réflexion et est donc au service de l’intelligence.
Un,jour,j’ai montrer une aquarelle que l’on pourrait appelé figurative car elle représentait ce lézard qui courre si vite qu’il en arrive,sur une courte distance,à,traverser des rivières.Et je demandais donc l’avis d’un non-spécialiste le plus complet et sa réponse fut instantanée:”au départ c’est blanc!”cela me surpris mais c’était tellement franc et spontané que je m’en suis contentée.