Fiac 2009 : “Perrotin dévalisé”, “Hufkens dévalisé”, “Klagsbrun à tout vendu”, “ventes frénétiques” dixit Harry Bellet dans Le Monde…

Dans Le Monde du 26 octobre 2009, Harry Bellet signe un texte intitulé
“FIAC : AFFLUENCE ET AFFAIRES EN HAUSSE”.
Or, les marchands, dans leur grande majorité, ne donnent jamais leurs chiffres. L’opacité du marche de l’art est exemplaire. L’intox, de l’autre côté, est une méthode largement utilisée (regardez les chiffres ridiculement hauts, impossibles, annoncés par certaines foires “off”… ). La vérité est qu’aujourd’hui, 29 octobre 2009, personne ne sait  la vérité - même pas les organisateurs de la Fiac. Oser publier un tel article peut surprendre. “Perrotin dévalisé”, “Hufkens dévalisé”, “Klagsbrun à tout vendu”, “ventes frénétiques”…  les preuves manquent - tandis que l’argent est le sujet unique de cet étrange exercice de propagande financière.

Et c’est sur cette note inattendue que la Foire internationale d’art contemporain 2009 ferme ses portes…

Entre 60 et 70 millions de dollars. Tel serait le bilan des ventes à la Foire internationale d’art contemporain (FIAC) qui a eu lieu à Paris du 22 au 25 octobre. Mais pour trois tableaux seulement ! Un Mondrian, un Picasso et un Kupka. Ils étaient présentés au Grand Palais dans le stand “Projet moderne” (…)
(…) Aux trois noms cités plus haut, il faudrait ajouter un Fernand Léger de 1921, Le Grand Déjeuner (proposé entre 20 et 25 millions de dollars) (…)
(…)”Un accord à 20 millions de dollars ne se fait pas en quelques minutes”, explique le marchand Richard Gray à l’agence Bloomberg (…)
(…) Ces envolées sont bien dans le climat d’une FIAC 2009 qui a très bien marché. (…)
(…) Avec cette FIAC, ils ont fait passer un message aux Emirats arabes unis : nous pouvons contribuer à remplir vos musées, notamment le Louvre d’Abou Dhabi. Du reste, une opération du même type est prévue à la foire d’Abou Dhabi, en novembre. (…)
(…) des Japonais, des Mexicains et même des Français, ont dévalisé le stand du Bruxellois Xavier Hufkens, où les oeuvres s’affichaient en moyenne à 200 000 dollars, tout de même. Dévalisé aussi, le galeriste parisien Emmanuel Perrotin, qui confie son enthousiasme à l’AFP : “Les trois quarts des oeuvres présentées sur mon stand ont été vendues, pour des sommes allant de 5 000 euros à 300 000 euros.”
Pour Marcel Fleiss, de la galerie 1900-2000, qui en a vu d’autres, “c’était presque comme au bon vieux temps. Avec les nouveaux prix, toutefois…” La galerie Skarstedt de New York a ainsi vendu un Richard Prince pour 750 000 dollars, tout en reconnaissant qu’il valait deux fois plus il y a un an et demi. (…)
(…)  Guy Bärtschi avait vendu, dès le premier jour et à 15 000 euros pièce, les sept exemplaires d’une vidéo ludique et fascinante d’Antoine Roegiers, (…)
(…) Thierry Salvador, de Bruxelles, a fait mieux avec une trentaine de pots à thé en céramique peints par Erro, à un peu moins de 10 000 euros pièce.
Les exemples abondent de ventes frénétiques (…)
(…) l’Américaine Nicole Klagsbrun, qui a vendu tout son stand, dès l’ouverture, et à un seul collectionneur ! Pour sa part, l’Etat a acheté vingt-quatre oeuvres de vingt artistes pour un total de 400 000 euros. (…).

Commentaires

6 Réponses à “Fiac 2009 : “Perrotin dévalisé”, “Hufkens dévalisé”, “Klagsbrun à tout vendu”, “ventes frénétiques” dixit Harry Bellet dans Le Monde…”

  1. Werner le 30 octobre, 2009 14:45

    Tout ceci est peut-être intéressant aussi - même si je préfère les billets où on nous parle de l’art - car encore une fois, le seul aspect de l’art dont on parle dans le Monde semble être sa valeur marchande … Mais alors, le dessin il en est où? Est-ce que cette ‘crise’ a vraiment fait vendre plus de dessins, parce que c’est moins cher, moins risqué?
    Et est-ce que cela nous amène à une plus grande “démocratisation” de l’art, si des oeuvres plus accessibles financièrement permettent à plus d’amateurs de se lancer dans un achat?

  2. Serghei Litvin Manoliu le 30 octobre, 2009 15:20

    Dans un climat de tension, d’incertitude, le dessin avance.

    Les grosses installations sont “out”, un certain retour au métier est visible - peinture comprise.

    Oui, le dessin commence à se vendre, mais sur fond de crise qu’est-ce qui marche vraiment ?

    La semaine du dessin 2010 à Paris sera un moment décisif.

  3. Serghei Litvin Manoliu le 31 octobre, 2009 11:09
  4. Anthony le 1 novembre, 2009 8:34

    Serghei Litvin Manoliu dit:

    “Dans un climat de tension, d’incertitude, le dessin avance.”

    Je le crois, je l’espère, c’est primordiale, le monde ne doit plus voir le dessin comme une simple ébauche, des avancés ont eu lieu, désormais le public se doit de s’intéresser à la découverte des artistes et par eux-même, donc revenir à la curiosité, lire, entendre & écouter, trouver par hasard par certains moments, correspondre, rencontrer, écrire…

  5. Serghei Litvin Manoliu le 1 novembre, 2009 19:09

    Chose bizarre : André Rouillé vient de censurer sur ParisArt une série de commentaires dont un de votre serviteur, concernant les marchands d’espace - de stands sur les foires d’art contemporain… - : pourquoi ? Et pourquoi sans explication ? Et pourquoi sans prévenir les commentateurs intéressés ?

    André Rouillé, dans son édito du 31 octobre, confirme notre position : http://www.paris-art.com/art-culture-France/Les%20foires,%20ou%20l’invisibilit%C3%A9%20de%20l’art/Rouill%C3%A9-Andr%C3%A9/289.html

  6. Jérémie le 2 novembre, 2009 5:16

    Je comprend pas pourquoi on vient parler d’installation ici, je suis très content que cette mode qu’était l’installation diminue et que les gens retourne a la peinture, mais si vous voulez parler de marché de l’art ne mettez pas les installation la dedans. Je m’excuse mais avez vous déjà vu une vente d’installation chez sotheby’s, moi non.
    Nicolas bourriaud disait “la constitution d’espace artistiques échappent au cadre de l’économie capitaliste car soustraits à la loi du profit.” un autre critique que je lisait dans le journal cette semaine disait justement bien des artiste de la performance et de la vidéo ont opté pour cette attitude.

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