FIAC 2009 : stratégies dans un climat de tension

Il y a les galeries qui sont à la Fiac.

Il y a les galeries qui sont dans les foires “off”, autour de la Fiac.

Et il y a les galeries absentes.

Karsten Grève s’offre l’une des plus belles expositions en galerie de l’année. Mieux qu’une exposition de musée, l’expression d’une passion : Karsten Greve, 20 years in Paris   Oct 10 - Nov 14, 2009. Allez voir la série impressionnante d’aquarelles et de dessins de Joseph Beuys, des années cinquante. Allez voir des Louise Bourgeois parfaits, récents, dont “Hands”, un croquis tragique, simple, où le trait prend tout son sens. Et le diptyque de Soulage : d’autres traits, là, ceux d’un grand dessinateur que tout le monde croit peintre… pourtant, même ses vitraux sont des dessins.
Coupler les vingt ans de la galerie parisienne avec la Fiac 2009 est efficace : inscrire la démarche de la galerie dans une perspective historique. Presque les mêmes artistes sont exposés au Grand Palais et à la galerie. “Quelle crise ?” est la stratégie de cette grande galerie européenne .

Dominique Fiat est à la Fiac Louvre - mais ne fait pas de plans pour “après” :  stratégie d’attente active.

Schirman & de Beaucé prolonge (pour cause de Fiac) son exposition de Nicolas Buffe : dessins sur fond noir, à la craie. Un travail figuratif, une relecture ironique de panneaux décoratifs anciens. La galerie ne veut pas des foires “off” - et n’est pas reçue à la Fiac. Stand by. Stratégie d’attente passive : si la Fiac marche, tout ira mieux… tous les espoirs seront alors permis. Les journaux ne parlent-ils pas de la reprise ?

Combien de galeries ont loué leurs locaux pendant la semaine de la mode ? Beaucoup. Là : stratégie de crise.

À Drouot, des multiples de Mona Hatoum se sont bradés à 10 € pièce avant la Fiac : effet de crise. L’argent circule peu.

En conclusion :

Certaines  galeries internationales ont fait le choix d’une stratégie offensive.

D’autres galeries, moins grandes (moins riches), avancent… en attendant.

Il y a la stratégie des foires “off”, agglutinées autour de la Fiac…

Et il y a aussi la stratégie d’absence, qui peut se lire :
1) comme un abandon du combat;
2) comme le refus d’un système dépassé.

Aujourd’hui, à la veille de la Fiac 2009, personne ne peut avoir entièrement tort.

La question est : quelqu’un, par hasard,  aurait-il entièrement raison ?

SergheiLitvin@ParisDessin.com

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