FID 2010 : “Parce que votre foire n’a pas de thème !” (lire au second degré, merci)

Elle a une trentaine d’années, est critique d’art à Paris et veut savoir ce qu’est la Foire Internationale du Dessin. Je lui explique notre concept : les tables, la lumière zénithale, les étudiants, pourquoi le dessin, ma définition… Sa réticence, palpable, sans masque, agace ; elle n’a pas l’air enthousiasmée. À la question “pourquoi ?”, elle assène : “Parce que votre foire n’a pas de thème !”.

Admirables lecteurs de ce blog, âmes d’élite, peut-on vous demander quel crime ai-je commis ? Quel péché mortel ? Éviter les imbéciles est l’un de mes sports favoris. Détester les incompétents est un passe-temps qui a son charme. Mais de là à subir sans réagir une affirmation aussi sotte !?

“Parce que notre foire n’a pas de thème !” Mais, doux Jésus ! Depuis quand les foires sont-elles thématiques ?!

Imaginez un instant la FIAC 2010 sur le thème de la nature morte ?
La Foire de Bâle sur celui de l’autoportrait ? Jamais une foire d’art n’eut de thème - sauf la nôtre, justement !

Car le dessin du 21e siècle n’est-il pas un thème ? Et le dessin en Europe ? Et les écoles d’art ? Citez-moi une autre foire des écoles d’art dans le monde : voyez-vous ce que je veux dire ? Le Cercle D investit 30.000€ pour expérimenter le concept de foire prospective à thème - la première du genre - pour que vous puissiez entendre une “critiqueuse” dire : “Parce que votre foire n’a pas de thème !”.

Savez-vous qu’il y a des instants où je me pose des questions sur ma santé mentale ? Où je me regarde dans la glace d’un oeil méfiant ? Parfois même je regrette le temps jadis où je me pâmais d’extase devant mes propres croûtes (ma femme aimait beaucoup mes peintures…) ! C’est vous dire la gravité de la situation !

Serghei.Litvin@ParisDessin.com

Commentaires

5 Réponses à “FID 2010 : “Parce que votre foire n’a pas de thème !” (lire au second degré, merci)”

  1. Anthony le 17 janvier, 2010 11:11

    Les critiques regardent à travers les meurtrières de l’Art Contemporain tandis que vous,vous êtes à visage découvert sur le champs de bataille.

    Voila toute la différence, l’on voit qui est courageux et qui ne l’est pas.

    Le meilleur moyen de faire une critique juste de la FID est d’inviter cette Dame à vivre intégralement la seconde édition, sur place, sur le terrain. Car expliquer ce qu’est la FID est un fait mais la vivre est mieux, et de là, naît le profond respect que l’on vous doit! de là naît une critique plus juste et adaptée à sa juste valeur.

    Rassurez-vous, vous pouvez tout naturellement vous regarder dans la glace d’un oeil serein, non sans stress, j’en conviens, mais observez tout ce que vous avez fait avec votre équipe, le chemin parcouru, les rencontres faites, les avancées, les doutes, les espoirs…et voila pourtant le résultats (bien plus méritant qu’une critique manquant d’objectivité), des écoles et leurs étudiants répondant en masse à vos appels, l’ouverture de la seconde édition, le succès du blog, l’évolution de ParisDessin, la variétés incroyable des Oeuvres…

    Personnellement, je ne me fais pas de soucis pour l’équipe de la FID et son fondateur.

    Bien à vous,

    Perrot.A

  2. MARICAU le 17 janvier, 2010 13:53

    Au moins donnez-nous son nom et ses coordonnées. Que nous sachions à qui nous avons à faire ?
    Et que nous puissions directement lui dire ce que nous pensons de cette ridicule saillie.
    Anonyme et idiote (voire blonde ?)…
    C’est trop facile pour elle, non ?
    La seule folie que je vous reconnaisse et qui paie et paiera encore, c’est votre ténacité, Serge. Vous pouvez compter sur le soutien de tous ceux qui, comme moi, grâce à votre pugnacité, présentent de plus en plus de dessins dans leurs expos.
    Avec mon amicale admiration. Bernard

  3. nicolas le 17 janvier, 2010 19:46

    Comme disait si bien Voltaire, “quand je m’observe je m’inquiète, mais quand je regarde les autres je me rassure”.
    J’ai regardé les dessins des étudiants et le niveau est très bon, ça va être un succès je pense, n’en déplaise au critique d’art qui ne comprenne rien à l’art…

  4. Aerden le 18 janvier, 2010 10:18

    Rien de plus ridicule que de reprocher l’absence de thème a une des seules foires d’art contemporain qui choisit précisément une thématique bien précise de sélection et d’exposition ! Cela dit, je comprends la frustration d’un ou d’une critique : il est aujourd’hui presque impossible de s’y retrouver dans l’offre, souvent de qualité d’ailleurs, qui les artistes présentent sur le net ou par le biais d’expositions indépendantes. Sans doute un peu pollué par le regard que nous ont imposés curateurs et directeurs d’exposition de tout acabit, plus enclin a explorer et dans le meilleur des cas gérer, le chaos confortable qui résulte inévitablement d’une culture étendue et professionnellement soutenue, les critiques ont perdu quelque peu la capacité de regarder, de s’arrêter et de prendre le temps de voir. A trop confondre l’art et ses images on perd quelques notions essentielles d’initiation, ou si l’on préfère, de didactique. Le dessin est là pour nous rappeler le cheminement, le talent sans fard et la capacité d’être et de rester. Voilà quelque chose d’un peu antagoniste au flux incessant d’images que déversent médias – en ce compris les médias qui se concentrent sur le monde de l’art contemporain. Ceci explique peut-être, si besoin était, la réaction ubuesque de cette critique.

  5. Serghei Litvin Manoliu le 18 janvier, 2010 21:51

    Anthony Perrot a reagit le premier. Disant qu’il ne se fait pas de soucis, il nous a fait le plus beau des compliments.

    Bernard Maricau contredit Dostoïevski et prouve que ce n’est pas la beauté, mais l’humour qui sauvera (?) le monde. Mais pourquoi est-il contre les blondes ?!

    Nicolas (merci de signer avec votre nom complet) “s’observe et s’inquiète, mais quand il regarde les autres il se rassure”. Pas bête.

    Et Aerden (merci de signer avec votre nom véritable) parle de “chaos confortable” d’un monde - le notre - où l’on n’a plus le temps de voir, de regarder…

Ecrire un commentaire: