Krach mondial : les beaux jours…

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L’or et le fer, la finance et les armes : voici (re)venu le temps des mercenaires.

La fonction de l’art est la révélation (l’apocalypse !) des mythes et des symboles. Se pose la question cruciale de l’identité - toute identité se justifiant par un corpus mythique et symbolique. L’explication du krach mondial est la perte de cette identité mythique-symbolique de nos sociétés. L’art étant l’affirmation de l’identité, la crise de l’art confirme la perte de notre identité.

Et la question n’est plus le dessin, ni ses définitions, ni les toys des vieux bébés riches, ni le joli krach du contemporary art super business qui arrive demain…

Aujourd’hui, vendredi 10 octobre 2008, la question est :
Qui sommes nous devenus ?

SLM@D0010.ORG

Commentaires

14 Réponses à “Krach mondial : les beaux jours…”

  1. Anonyme le 10 octobre, 2008 14:10

    Qui sommes nous devenus ?

    Des icônes ?

    Il importe aujourd’hui d’être une pop star, de parler juste un peu plus fort que les autres, d’être soi-même et différent, le temps d’une coupure publicitaire, puis de laisser sa place à une autre icône, une autre coquille vide.

    Ce que l’on nous donne à voir comme art n’est qu’une mosaïque d’expressions subjectives et nombrilistes. Un commentaire du corps social sur le corps social. Une opinion sur-exposée.

    L’esprit s’est éteint.

    Mais je pense à ces survivants qui s’évertuent à révéler la Beauté, en secret. Ces dépositaires d’un ordre antique, les tenants d’un flambeau à transmettre contre vents et marées à la civilisation qui nous succédera.

  2. Buzz l’eclair le 10 octobre, 2008 17:40

    que sommes nous devenus?

    des images en quelque sorte.

    Parce que Dieu dit: “Ecoute Israël……. et non pas Regarde Israël”

  3. S L M le 11 octobre, 2008 9:38

    Dans les jours qui suivent il ne sera pas facile de parler de dessin.

    Pourtant, la Beauté sera toujours là, écoutable ET regardable, non ?

  4. Maxime Coupez le 11 octobre, 2008 14:21

    Une histoire parue dans le Washington Post et reprise par le site Internet Artclair:

    “Laura Gilbert, une artiste new-yorkaise, a distribué des billets de zéro dollar […] devant Wall Street. Elle souhaite « confondre » les acteurs de l’économie qui sont, selon elle, responsables de la crise actuelle.

    Laura Gilbert vole même la vedette à un groupe de manifestants venus, déguisés en courtiers, protester devant Wall Street. L’artiste s’est servi d’un ordinateur et de ses talents de dessinatrice pour réaliser « The Zero Dollar », une version légèrement réduite du dollar. Pour éviter toute confusion, elle imprime le recto et le verso du billet de zéro dollar sur le même côté d’une feuille de format A4, puis signe et numérote chaque feuille, comme pour toute édition limitée. Mais elle en a imprimé 10.000, pour être certaine que cette édition là n’aura jamais de la valeur.

    […] Mais aucun courtier ne semble perturbé ni même interpellé par cette fausse monnaie gratuite.”

  5. pdevigneral le 12 octobre, 2008 19:41

    suis d’accord avec Buzz, et avec tous ces commentaires… mais si on parle beaucoup de beauté et éventuellement de transcendance, on oublie un peu que cela veut dire que l’homme doit regarder au delà de lui-meme; c”est à dire?…
    le discours aux Brenardins de B XVI n’est tout compte fait pas si mal….
    Oublié de dire que la photo de l’Acropole est saisissante

  6. Marie Sallantin le 16 octobre, 2008 9:09

    Serions-nous devenus un peu perdus comme des enfants?
    Je ne vois pas là une perte d’identité mais la remontée du fond de l’Inconnu. Pour trouver du nouveau?

  7. Henry de Montebello le 16 octobre, 2008 10:26

    Le crash à New York et dans le monde (car nous n’échappons pas a la globalisation) vont avoir aussi un effet sur le dessin, sur l’art en general - un effet positif ou négatif. Nous aurons de bons indicateurs pour déterminer si les “gens” considèrent l’art comme étant une valeur sûre dans les semaines qui viennent.

    La vente d’art contemporain à Londres, chez Sotheby’s et les différentes ventes en décembre vont être annonciateurs des temps à venir. Je ne suis pas optimiste. L’orgasme Damien Hirst a été pour moi le dernier signe d’un certain désespoir. Paradoxalement, aucun acheteur Américain… quasiment tous des Russes… À suivre !

  8. S L M le 16 octobre, 2008 12:24

    Nous vovons une époque passionnante !

    Les artistes distribuent des zero dollars aux traders, à Wall Street… (Maxime Coupez) et Henry de Montebello se demande si l’art sera, dans les les semaines qui viennent, une valeur refuge.

    L’art ?
    Quel art ?
    Le Contemporary Art Super Busines ?!
    Mais c’est l’application même des systèmes boursiers au monde de l’art ! Alors ? Comment voulez-vous que ça marche ?!…

    La FIAC démarre dans quelques jours : quel spectacle en perspective ! Vous verrez, ils finiront tous dessinateurs. Et, finalement, ce sera très bien.

  9. YURIKANE2012 le 16 octobre, 2008 14:02

    Oui l’image de l’acropole est saisissante.
    Elle nous renvoi à la Cité. Quand l’artiste trouvait sa place hors du “corps social”, la condition pour exprimer ce fameux corpus mythique et symbolique ; cette identité.

    L’effet négatif appliqué sur l’image est encore plus saisissant.
    Il nous montre en creux la distance qui nous sépare de nos illustres ancêtres.
    Désormais la place de l’artiste est dans la Cité et l’art est partout puisque “nous sommes tous des artistes” !
    Le présentateur télé est un artiste.
    L’animateur de MJC est un artiste.
    Le politique est un artiste.
    Le plombier est un artiste.
    Le passant est un artiste.
    La liste est longue car les marchandises que l’on possède deviennent une expression de notre opinion sur le corps social, voici une définition contemporaine de l’art.

    Si notre vie se résume au choix de la couleur de notre lecteur MP3 pour être “soi-même”, il faut se demander si ce n’est pas la machine qui exprime sa subjectivité à travers nous. Serions-nous devenus des marchandises reproductibles dans un monde d’images ?

    Dans ce cas nous serions possédé par nos marchandises.
    Et la possession implique un culte où les “créatifs” (réalisateurs de films cultes, publicitaires, chanteurs pop, designers d’objets-jouets…) sont des artistes de niveau supérieur. Un trust d’avatars dominant les pales copies de la plèbe.

    Encore plus haut, au somment de la pyramide, il y a le sacré.
    Mais que reste t il de sacré ? L’argent ? Le DIEU DOLLAR ?
    Messieurs Koons & Hirst, les représentants les plus médiatiques du contemporary art super business, sont-ils les demi-dieux actuels de ce culte ? Les prêtres ? Les messies ? Des divinités incarnées dans la machine-capital pour transformer la merde en or et pour multiplier les pains au formol au profit des adorateurs du DIEU DOLLAR ?

    Dans ce cas aucun krach ne résoudra la crise de l’Art. Un krach aura pour seul effet de déchoir quelques icônes pour en consacrer de nouvelles. Le contemporary art super business demeura une place d’investissements jusqu’à la mort du DIEU DOLLAR.

    Après avoir fait le bon chemin et affûté les bonnes armes, il vaudra mieux être bien posté à la mort de ce dieu. Comme je le disais plus haut, notre salut pourra venir d’artistes affranchis, des combattants de haut vol exerçant leur discipline sur les chemins de traverses. A ce titre le dessin est à la fois combat, discipline et chemin. Un authentique art martial. Une spiritualité.

    Ces combattants sont à la fois héritiers de l’antiquité et enfants du monde-machine. Ils sont capables d’adopter toutes les identités-images du mensonge actuel et de n’en garder aucune afin de se dissoudre dans leur œuvre. Ils n’ont pas d’égo et rien à produire là où le DIEU DOLLAR avait décidé de les placer. Ils attendent le bon moment pour révéler une nouvelle voie, un nouveau corpus mythique et symbolique ; une nouvelle identité.

    Un nouvel Esprit.

    Je ne saurai que trop soutenir les francs tireurs de D0010, les nobles gardiens d’une des citadelles de la résistance.

  10. Buzz l’eclair le 16 octobre, 2008 17:23

    “Nul ne peut servir deux maîtres”
    ou dieu ou l’argent

    l’argent ne procure pas la joie ,au mieux un plaisir solitaire
    monde cloné et sa fatidique reproduction du même
    le resistant dans son refus dit oui à une autre voie

    l’art c’est ce petit moment de grâce octroyé aujourd’hui dans le regard de mon fils
    un beau dessin q’un dessinateur de BD lui a donné et dedicacé

  11. Maxime Coupez le 18 octobre, 2008 11:45

    YURUKANE2012, je crains qu’il n’y ait eu méprise.

    Nous ne sommes ni des “francs-tireurs” ni les “nobles gardiens d’une des citadelles de la résistance”. Pourquoi ce vocabulaire guerrier? Pourquoi cet étrange mysticisme? Nous sommes des pacifistes, des amateurs de dessin. Point.

    “L’art caché” d’Aude de Kerros n’est pas un art résistant. Les artistes cachés ne souhaitent pas la mort de Hirst et de Koons. Ils créent par plaisir, par nécessité, c’est tout.

  12. YURIKANE2012 le 18 octobre, 2008 14:11

    Peut-être y a t il eu méprise, aussi ai je mal interprété certains messages de ce blog ?

    Tout d’abord je persiste et signe sur mon jugement de franc-tireur qui qualifie à mon sens la réalisation un travail en solitaire, seul contre tous sans forcement se soucier de l’impact généré autour de lui. Concernant le “mysticisme” j’y voyais juste des images de circonstance étant donné que nous parlons bien d’art, de mythes, de symboles, de transcendance, voir même de Dieu.

    Le plaisir, la nécessité, je suis d’accord je connais.
    Ressentir la grâce dans le sourire d’un enfant, je suis d’accord, je connais également.
    Et c’est au cœur de tout cela que se situe la résistance au vrai sens du terme.
    Pour garder vivant ce plaisir, cette nécessité et ne pas être réduits à devenir des androïdes sociaux dénués d’âme.
    La résistance pour révéler ces choses qui nous dépassent.

    Vous me rétorquez que “L’art caché” d’Aude de Kerros n’est pas un art résistant.
    Bien entendu l’aspect formel de son œuvre ne porte pas d’oripeaux guerriers.
    On ne combat pas le super business en enflammant des sculptures de koons.
    Mais on combat lorsque l’on prend un crayon et que l’on dessine gratuitement, pour le plaisir, pour de nouveaux territoires, pour la Grâce.
    Il y a résistance, combat, et même guerre (contre soi même !) lorsque l’on met tout en œuvre pour ne pas tomber dans la facilité. Ce piège de l’AC.
    Les artistes, les peintres, les dessinateurs, les écrivains sont en guerre. D’une manière ou d’une autre.
    Cela ne veut pas dire que nous réclamons la tête ou le scalp des divinités du CASB, nous sommes tous en guerre pour des idées.
    Si nous ne nous battons pas pour des valeurs, qui le fera ? Et qui deviendrons-nous quand nous aurons accepté que tout se vaut. En mettant sur le même niveau une sculpture de Michel-ange et un moulage de Paris Hilton.

    J’avais cru lire en introduction que nous étions dans un champs de mines. J’ai même cru lire “Bienvenue au Fight Club D0010!” voyez vous.
    J’avais cru entrevoir des combattants dans cette équipe. Pardonnez moi l’expression guerrières, si elle vous choque ou si elle est trop réductrice.
    Mais sur ce point je persiste et signe car en relisant les débats de D0010 je viens de retrouver une de vos réponses aux commentaires suscités par votre billet “brève analyse du dessin contemporain”. Je cite :
    “A quoi sert de combattre si nous ne savons pas précisément contre quoi nous combattons?”

    Loin de moi l’idée de vous attaquer personnellement.
    En revoyant cette question je pense que mon message précédent était juste, en tant que tentative de réponse à ces deux questions :

    “Qui sommes nous devenu ?”

    “Contre quoi nous combattons ?”

    Pour finir sur votre réaction, s’attachant surtout à la dernière phrase de mon intervention, je me suis probablement enflammé en n’ayant qu’un bref aperçu de tous les points de vue et de toutes intentions de l’équipe de D0010.

    Salutations sincères.

  13. S L M le 18 octobre, 2008 18:16

    Cher ami :

    Joliment écrit.
    Bonne défense… l’attaque.
    Oui, Maxime le Pacifiste n’a peut-être pas été aussi clair et précis qu’il est d’habitude.

    Donc :
    Oui, nous sommes dans un champ de mines;
    Oui, nous combattons ;
    Oui, nous nous posons - et vous posons - la question : “Qui sommes nous devenus”.
    Mais artistiquement, esthétiquement, dessinatoirement… (oui, je sais, ce n’est pas dans les dictionnaires).

    Et si vous êtes d’accord avec ces précisions - et mon impression est que vous l’êtes - alors : Bienvenue au… Fight Club !

    (Et merci de signer de votre nom les emails - le Blog du Dessin Contemporain ne pratique pas beaucoup les pseudonymes - et nous profitons de cette occasion pour demandes à tous nos amis de bien vouloir faire de même).

  14. Adolf Hitler à la FIAC - Le Blog du Dessin Contemporain le 28 octobre, 2008 14:01

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