Les écoles d’art à l’heure du choix

L’article du Monde : “Révolution dans les écoles d’art” signé Emmanuelle Lequeux est-il un premier signal ?

Les étudiants, pour réussir leur année, devront lire, apprendre, rédiger des dissertations, et même un mémoire de 100 à 200 pages pour obtenir ce fameux master. Le but est d’aligner l’enseignement d’une école d’art sur celui de l’université. Ce qu’on appelle le système LMD : trois ans pour la licence, deux ans de plus pour le master, et encore deux ans pour le doctorat.

Certaines écoles nationales, comme celle des Beaux-Arts à Paris, considérée comme la plus prestigieuse, se sont déjà adaptées : il faut être bachelier pour y entrer et, dès les trois premières années, les étudiants suivent des cours théoriques en histoire de l’art, esthétique, littérature, en langues aussi. Ils peuvent être recalés s’ils échouent à ces matières.

Mais la majorité des écoles, si elles ont ouvert ce chantier, n’ont pas encore accompli ce saut. Elles le devront pour rester dans le jeu européen et obtenir des subventions. Sinon, elles s’isoleront et risqueront de disparaître.

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Plus que transformer un futur artiste en chercheur, chaque école tente de profiter de la réforme pour améliorer sa pédagogie, en jetant des ponts entre théorie et pratique. Aussi, le mémoire est le plus souvent lié au projet artistique de l’étudiant. “Un mémoire ne le fera pas mieux peindre, mais il provoque un effet d’aller-retour sur leur pratique, qui s’en trouve enrichie”, juge Jean-Jacques Passera, directeur de l’école de Caen, qui, comme d’autres, a mis en place des ateliers d’écriture.

“Le mémoire universitaire est pour nous une forme étrange, analyse Guadalupe Etchevarria, directrice de l’école de Bordeaux, mais il permettra aux étudiants d’avoir une conscience du monde, alors qu’ils se concentrent habituellement de manière obsessionnelle sur leurs ateliers.”

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Nombre de directeurs voient les effets positifs de l’introduction de la théorie. Le milieu de l’art exige de ses jeunes recrues toujours plus de dossiers, qu’il faut savoir mettre en forme. Ils savent aussi que 10 % à peine des étudiants deviennent artistes. Les autres trouvent souvent un emploi dans le secteur culturel, qui demande de savoir écrire. Mais plus de théorie pénalise les quelques artistes prometteurs qui ont du mal avec l’écrit, et aussi les nombreux étudiants étrangers, qui, souvent, ne savent pas le français.

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Emmanuelle Lequeux

Article paru dans l’édition du 10.04.10 du journal Le Monde

Commentaires

2 Réponses à “Les écoles d’art à l’heure du choix”

  1. Anthony le 11 avril, 2010 10:08

    Intéressant, mais tout être désirant créer comme le disait Topor se doit aussi d’admirer, et très tôt.

    Et admirer, c’est être curieux mais sans esbrouffe, le faire le plus naturellement du monde, sans calcul, sans compas, sans règle, lire, voir des expositions, observer les grands maîtres, parfois copier leurs tableaux, s’exercer et puis détruire, nier, inventer, expérimenter, réfléchir, nager dans une pensée toujours anarchique, laissez les images venir d’elles-même..

    Les Beaux-Arts se font aussi dans la vie, apprendre l’anglais en le parlant avec un anglais, lire des romans et poésie en grattant un peu soi-même au fond d’une librairie, même la plus quelquonque, s’inscrire à un atelier de sculpture, modeler sa vie selon ce que l’on trouve devant soi ou pat le résultat de la seule volonté..

    Apprendre en écoutant ses pairs, en buvant, en dégustant une poignée d’escargots, escaladant une tour, un arbre, reniflant une charogne..

    L’école des Beaux-Arts est un mini concentré de la vie artistique que l’on peut construire, un brouillon, une marmite qu’il faut savoir mijoter soi-même.

    Mais moi-même, j’ai fais le choix de faire de ma vie une école d’Art, apprenant sans cesse, admirant sans cesse, m’amusant simplement sur du papier.

  2. F. Martin le 12 avril, 2010 7:56

    Je pense qu’un peu plus de théorie et de culture dans les écoles d’art est une bonne chose. Certains de mes amis enseignants aux beaux-arts constatent chaque jour l’appauvrissement de la pensée chez les élèves….

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