Marie Sallantin : dessins contemporains, juin 2009 - entre le trait et la tache, entre figuration et abstraction

Les travaux les plus récents de l’artiste, sur le thème classique entre tous de l’Enfer de Dante, des avares et des prodigues, sont des encres de Chine. Au-delà de l’intérêt évident pour ceux qui suivent Marie Sallantin, il y a ici un intérêt supérieur à montrer ce travail spécifique, très récent.

Lequel ? C’est que ces feuilles posent, comme le titre du post l’indique, deux questions fondamentales concernant le dessin.

La première est celle de la frontière qui sépare la tache du trait. Quand est-ce que le trait, de plus en plus épais, devient tache, dissout son côté masculin, agressif, pour prendre cette posture féminine, non plus de coupure, de coup infligé, mais de paisible respiration, dilution dans la page ?

La deuxième est de constater combien subjective est la limite entre abstrait et figuratif. La tentative de description réaliste d’un objet (ici, une montagne) à coup de grandes taches gestuelles fonctionne parfaitement. Et l’utilisation du trait le plus fin, le plus petit, pour réaliser les minuscules silhouettes, rend celles-ci proches de l’abstraction.

Regardez maintenant ces trois dessins, à la fois si classiques et si contemporains : “Rendre toutes choses nouvelles” n’est-ce pas le but même de l’art ? Et avancer à coup de contradictions (entre classicisme et modernité, entre tradition chinoise et texte européen, etc), n’est-ce pas là la raison d’être de l’artiste ?

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SergheiLitvin@gmail.com

Commentaires

9 Réponses à “Marie Sallantin : dessins contemporains, juin 2009 - entre le trait et la tache, entre figuration et abstraction”

  1. S L M le 7 juillet, 2009 14:03

    bravo pour Marie Sallantin; j’aime beaucoup cette nouvelle série; elle est forte et vivante.
    je ne sais si l’artiste doit rendre toute chose nouvelle, mais je sais qu’il est toujours passionnant d’être surpris, et d’entrer avec joie dans une découverte.
    Pas la surprise pour la surprise, pour la seule nouveauté, il faut y trouver une parcelle de beauté, et là on ressent un vrai moment de bonheur.
    Paule

  2. amélie le 11 juillet, 2009 12:57

    Marie,tes montagnes sont merveilleuses,tu devrais appeller jacques et valerie, j’ai essayer pour le leur dire D0010,mais leur fixe a un problème et je n’ai pas leur portable.Un coucou à étienne et muriel et à toute ta famille.Sincerement,amélie.

  3. amélie le 11 juillet, 2009 13:01

    Et un grand coucou à tous les anges musiciens!

  4. Patrick G. le 11 juillet, 2009 16:08

    Marie connaissez vous Zhou Gang ?

  5. Sallantin le 14 juillet, 2009 6:57

    Je ne connais pas Zhou Gang mais je le découvre grâce à vous par internet et je viens de lire des propos de Guillemette Coulomb conservateur du musée des arts asiatiques de Toulon sur son art. Mes sources viennent de la tradition chinoise d’un côté ( Quian Du, Dai Xi, Zhang Daquian..) et d’une longue pratique alpinistique, mon mari étant guide de montagne! Les peintres chinois parcouraient les montagnes. Les descendaient-ils en rappels? Tombaient-ils dans les crevasses? Survivaient-ils aux avalanches?

  6. Sallantin le 14 juillet, 2009 7:05

    Bonjour Amélie voici le mail pour Jacques et Valérie : masfranc@wanadoo.fr
    J’ai choisi le trait sec pour les anges musiciens du Paradis, trait sans repentir et la fluidité des masses chargées d’eau pour l”Enfer pour dire la solitude et l’angoisse extrême - et la beauté - dans la très haute montagne.

  7. Amelie le 16 juillet, 2009 6:28

    Assitot dit, aussitot fait,jacques et valerie rejoingnent mes contact mail,merci à toi pour ton travail et ton message.

  8. emmanuel garant le 25 novembre, 2009 14:31

    Bonjour Mme Sallentin

    Toutes mes félicitations pour votre travail artistique et votre combat pour défendre le dessin. Je vous ai connu par le livre “L’art caché” d’Aude de Kerros, qui m’a stupéfait sur les conditions des artistes en France.
    Je dessine depuis que j’existe…c’est comme manger, dormir, rêver, respirer, etc…aucun besoin de justifier le pourquoi.
    Au Québec on se moque de l’AC “L’art officiel” qui n’intéresse personne à part ceux qui le pratiquent. On fait la queue pour les exposition de grands peintres et les salles d’AC sont toujours aussi vides à part le vide qu’elles contiennent…

    Emmanuel Garant
    Québec, Canada

  9. Marie Sallantin le 9 janvier, 2010 18:57

    Merci Emmanuel Garant! Nous avons besoin, les peintres, d’encouragement, surtout en France!. Les plus tenaces continuent .
    Si vous voulez plus de précisions sur l ‘hostilité qui sévissait envers les peintres dans les années 90 et qui continue de manière plus ou moins déguisée, il faut aller sur le blog “le livre noir de la peinture” réalisé en commun avec Pierre-Marie Ziegler et Aude de Kerros lelivrenoirpeinture.blog.lemonde.fr/
    A faire connaître??

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