Maxime Coupez : Beau temps pour les investisseurs

Ce post est destiné à tous ceux, inconscients sublimes, qui souhaiteraient investir aujourd’hui dans le dessin…

Qui connaît Andrea del Sarto ? Ce peintre de la Renaissance italienne, inconnu du commun des mortels, est à l’origine d’un record extravagant : en 2005, un de ses dessins a atteint £6,5M chez Christie’s, soit deux tiers de la vente de dessins anciens de juillet. Le marché des « Old Master Drawings » est à l’image de cette anecdote : un marché de connaisseurs où la qualité prime sur la signature, à mille lieues du bruit des médias. Frimeurs, spéculateurs, nouveaux riches, ignorants : passez votre chemin.

Vous en conviendrez aisément : lorsque l’on est « quelqu’un », il est de bon ton d’accrocher à ses murs quelques signatures prestigieuses. « Un supplément d’âme »… Mais que faire lorsque l’on n’est pas milliardaire pour s’offrir un Picasso ? Acheter du dessin, bien sûr. Ceux de Magritte, Kandinsky, Klimt, Léger, Schiele, Renoir, Van Gogh, Miro, Matisse ou Degas apparaissent bradés par rapport à leurs peintures. A noter : l’ogre Picasso représente à lui seul entre 10 et 30% du chiffre d’affaires des grandes ventes de dessins de Christie’s et Sotheby’s. La profusion de ses œuvres sur le marché ne semble pas calmer l’ardeur des collectionneurs, bien au contraire.

Soumis à la même spéculation que les peintures, les dessins impressionnistes et modernes ont ainsi atteint des sommets financiers. Mais la baisse a déjà commencé : les ventes de Christie’s et de Sotheby’s de novembre 2008 marquent une importante déflation. Pour ceux qui ont acheté avant la dégringolade : sincères condoléances ! Pour les autres : les bonnes affaires vont affluer dans les prochains mois. Achetez si vous en avez les moyens. Comme toujours, les choses deviennent plus complexes - plus nuancées - lorsque l’on aborde le royaume de l’art contemporain.

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Dans les catalogues d’Art d’après guerre des grandes maisons de vente, seuls les dessins des stars les plus éblouissantes ont droit de cité : Yoshitomo Nara, Jean-Michel Basquiat, Cy Twombly, Arshile Gorky, etc. Spéculation décuplée par rapport à l’art impressionniste et moderne et prix encore plus élevés ($200 000 par dessin en moyenne) : la chute s’annonce spectaculaire. Si vous désirez en profiter, attention à n’investir que dans les valeurs sûres de l’art contemporain : la cote des artistes les plus jeunes (Hirst, Murakami, etc) est par nature plus instable que celle de Warhol ou Soulages.

Reste la masse des dessinateurs d’aujourd’hui, ignorés des médias, des critiques et de la plupart des institutions. Il ne faut pas trop compter sur les galeries pour jouer leur rôle de découvreurs de talents. Très peu consacrent ne serait-ce qu’une partie de leur activité au dessin contemporain. Pas assez « bankable »… Pourtant, le dessin contemporain n’est pas dénué d’atouts pour un collectionneur avisé. Intimité, authenticité, historicité, etc. Les seuls vestiges tangibles (et commercialisables) des mises en scène de Christo sont ses dessins préparatoires virtuoses. Il en va ainsi de la plupart des artistes spécialistes des installations éphémères et autres happenings . Jeff Koons lui-même dessine pour expliquer ses concepts aux ouvriers, peintres, sculpteurs et ingénieurs de son atelier. Dernier exemple : les dessins de Damien Hirst sont les seules œuvres pour lesquelles l’acheteur a la certitude qu’elles sont de la main de l’artiste lui-même.

La majorité des dessinateurs d’aujourd’hui vivent dans l’ombre, sans aucun support de promotion, sans cote, sans marchands, sans collectionneurs… Les données (chiffrées ou non) sur le dessin contemporain sont rares voire inexistantes : Aude de Kerros (reprenant Christine Sourgins) parle d’ « Art caché » pour désigner ces pans entiers de la création artistique qui échappent au marché et aux experts. Les « dessinateurs cachés » dessinent pour leur plaisir ou celui de leurs proches et il est entendu qu’ils ne vivent pas de leur Art. Les plus pragmatiques ont une activité professionnelle plus « sûre », plus « rémunératrice ». Les autres…

Conclusion : ce qui ne vaut presque rien ne peut pas se dévaluer.
L’achat de dessins d’un artiste inconnu constitue donc… le seul investissement sans risque !

maxime.coupez@www.blogdudessin.com

SEMAINE DU DESSIN 2009 PARIS
FOIRE INTERNATIONALE DU DESSIN - FID

Commentaires

16 Réponses à “Maxime Coupez : Beau temps pour les investisseurs”

  1. pdevigneral le 25 novembre, 2008 21:21

    Bravo Maxime!Votre post est intéressant, intelligent et “rafraichissant”. Enfin un peu de bon sens dans toute la bataille actuelle. Je suis d’accord; vive le dessin qui ne permet pas la tricherie, aux artistes contemporains qui sont honnêtes (et bons) et ont une chance de trouver une clientèle amoureuse de l’art,aux modestes collectionneurs qui peuvent ainsi se faire plaisir.
    J’aime votre chute; D0010 ne pourrait-il pas envoyer votre post à tous nos brillants banquiers. cela les aiderait peut-être?

  2. aken le 26 novembre, 2008 12:14

    Contrairement à ce que l’on croit, il existe des dessinateurs et des peintres prestigieux et un art encore plus transparent que caché. Ces derniers dinosaures ont gardé un enseignement précieux bien antérieur à l’ère Malrucienne et l’ont fait évolué et le gardent pour les générations futures. Devant l’ignorance manifeste instituée en dogme officiel ces personnes, on s’en doute, ont fait le deuil, il y a bien longtemps de ce monde. Je m’en suis confié à Christine Sourgins, on ne peut proposer un enseignement des Beaux-Arts qui repartirait sur un art déjà empreint de modernisme et qui porte en lui les germes d’un nihilisme profond, du mariage entre Ubu, Breton, et d’autres personnes admirables mais totalement incompétentes en art comme Malraux. Ce genre de propos peut sembler pénible pour certains mais imaginez un instant que peut-être cette histoire, ce formatage à grande échelle a fait des générations de victimes innocentes et dans le silence complice de responsables peu courageux et que tout cela dure depuis des lustres et contre lequel personne ou presque ne s’oppose car il n’y a plus de repère dans un monde flou. Avant d’être un véritable expert en art il faudrait l’être de sa propre vie, c’est peut être pour cela qu’actuellement beaucoup d’experts et de critiques en se domaine semblent à l’évidence ne plus savoir où aller et quoi penser. Devant cette incertitude, ce non-finito de la pensée, ne seraient-ils pas prêt à tout accepter dans une éternelle fuite en avant par peur inconsciente d’être banni et marginalisé ?

  3. mesguich jean yves le 26 novembre, 2008 13:28

    Spéculation ou pas en matière d’art?
    livré ainsi, revient à lire les cartels dans une expo et ne pas voir les oeuvres. Donc aucun intérêt.
    Prendre le temps du regard, et des questions.
    Que nous dit ce que l’on à en face de soit? comment cela est dit?
    En effet le dessin relève, comme la parole d’un dire au plus proche de la personnalité de l’auteur.
    nous touchons à sa vérité.
    Collectionner, aimer vivre avec des oeuvres d’art
    est une démarche de vie et non de spéculation.
    Donc achetez pour aimer vivre, et je vous laisse la suite…

    c’est aujourd’hui la seule démarche valable, être en contact avec un sens qui se construit, que l’on construit.

    Alors le dessin retrouve sa place dans le monde de l’art, et cesse d’être renvoyé dans le champ des arts mineurs

  4. Manuel Montero le 26 novembre, 2008 19:39

    Les dessins de Pierre Klossowski n’ont jamais gonflé, et ne peuvent que monter (sur mon site je lui dédie aujourd’hui un billet).

  5. Candide le 26 novembre, 2008 20:48

    J’enfonce le clou, Maxime.
    Ailleurs, je me suis gaussé du fait de mettre en avant le prix d’un dessin d’Andrea del Sarto pour justifier de l’intérêt du dessin.
    Ben … je persiste.
    Vraiment, comparer un dessin de del Sarto avec un vague crobar de Koons, comme en ferait le premier menuisier venu pour expliquer à un client comment il envisage de coincer la machine à laver sous le placard de la cuisine, c’est un peu tirer sur la ficelle.
    C’est vrai que bien de laborieux travaux de dessination ne dépassent pas non plus ceux du même menuisier ayant pris quelques cours du soir, et, à mon avis, n’apporteront rien à l’histoire de l’art ni au portefeuille de l’amateur.

    A part, le dessin, c’est comme la bibliophilie, un plaisir secret.

  6. gilda g le 27 novembre, 2008 10:16

    Un article que je viens de lire sur “le triomphe ds cyniques”… lecture à partager…

    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/11/26/art-contemporain-le-triomphe-des-cyniques-par-olivier-jullien_1123336_3232.html

  7. corine.girieud@D0010.org le 27 novembre, 2008 10:16

    Candide (qui semble fort mal porter son pseudo !), nous amène une fois encore à définir cette limite entre ce qui fait oeuvre et ce qui ne fait pas oeuvre. Le nom de l’artiste suffit-il ? Le prix que certains veulent y mettre ?…

    J’en profite pour vous dire qu’un certain nombre de questions soulevées sur ce blog le seront également lors d’une journée de rencontre autour du dessin au Centre d’Art contemporain intercommunal d’Istres (13) le samedi 6 décembre ; et que le Blog du Dessin contemporain sera représenté par ma modeste personne !
    La préparation de cette table-ronde me donne l’occasion de relire tous les posts et tous vos commentaires… quelle densité !!
    Pour plus d’informations :
    http://www.corine-girieud.fr/pdf/dessin_contemporain_istres.pdf

  8. S L M le 27 novembre, 2008 17:28

    Merci, Gilda.

    Oui, lisez l’article d’Olivier Jullien : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/11/26/art-contemporain-le-triomphe-des-cyniques-par-olivier-jullien_1123336_3232.html

    … et aussi les commentaire sur le site du “Monde”: http://www.lemonde.fr/web/article/reactions/0,1-0@2-3232,36-1123336,0.html

    Une mention pour la position de Thomas Lévy Lasne, particulièrement intéressante, dans les commentaires du site “Le Monde”, qui se pose la question
    Pourquoi jouer encore le jeu ?” :

    Si les “bons” artistes ne sont pas plus présents sur la scène nationale, n’est-ce pas aussi parce qu’au lieu de se regrouper, s’organiser, se créer un public, ils font la queue individuellement des FRAC, DRAC, institutions, en espérant y être tout en jouant le jeu de la féroce concurrence?

    Dire qu’il n’y a pas de bons critiques en France, c’est faux. (le très consolant Olivier Céna, le très systémique Yves Michaud, le très philosophe Alain Chareyre-Méjan, le très jouisseur Hector Obalk…).

    Pierre Auguste Renoir, (dont je ne suis pas fan) disait qu’il ne pouvait pas y avoir de bons artistes si il n’y avait pas de bons amateurs d’art. Son Koons à lui s’appelait Bonnat. Il passait beaucoup de son temps à éduquer le goût des amateurs. Sa réaction face aux institutions d’État, ce fut d’abord de se regrouper avec d’autres artistes pour créer le Salon des Impressionnistes (avec Pissarro, Monet et Degas). Pourquoi jouer encore le jeu?

  9. Maxime Coupez le 27 novembre, 2008 17:35

    Candide,

    il ne vous aura pas échappé que ce post est teinté d’ironie.

    Je ne cherche pas à comparer del Sarto à Koons d’un point de vue esthétique ou technique: cela n’a aucun intérêt. Le but est juste de montrer à quel point le marché du dessin contemporain est différent de celui du dessin ancien.

    Je ne crois vraiment pas qu’aujourd’hui on puisse penser l’art indépendamment du marché de l’art. Qu’on le veuille ou non, les oeuvres d’Art sont des biens marchands, les acheteurs sont toujours - à des degrés divers - des investisseurs, et les artistes doivent bien vendre pour vivre.

    C’est la raison pour laquelle, Jean-Yves, je ne vous crois pas lorsque vous dîtes “achetez pour aimer vivre, et je vous laisse la suite”. Bien sûr, il faut aimer ce qu’on achète. Mais on ne peut pas éviter de s’interroger sur le prix, la rentabilité… Il y a de l’argent en jeu.

  10. Christian Berst le 29 novembre, 2008 8:45

    Je suis d’humeur rassembleuse (pas consensuelle, hein) aujourd’hui, alors je dirais à Jean-Yves et à Maxime qu’ils ont tous deux raisons (j’aurai dû faire de la politique). L’un parle de collectionneurs, l’autre d’investisseurs.
    Le premier rassemble, donc, une collection, qui se définit non par ce qu’elle contient mais par ce qui lui manque et le second rassemble un patrimoine qui se définit par l’addition des valeurs qui le composent.
    Que le premier ne puisse, dans la plupart des cas, se délivrer des contingences de l’argent ne fait pas de lui un spéculateur, tout juste un homme attentif à ne pas se laisser mettre en péril par sa passion (pas simple). Et puis pour acheter, il faut parfois savoir revendre, d’où l’intérêt de ne pas le faire “à perte”.
    Quant au second, l’investisseur, il amasse de l’art plutôt que des actions pour des raisons statutaires (dans certains cas, il s’agit même d’une façon de justifier élégamment son appât du gain). Un peu comme Descartes, exhumé par SLM dans un autre post, “larvatus prodeo”.

  11. Candide le 30 novembre, 2008 13:17

    D’accord, Maxime, on peut séparer dessin(s) ancien(s) et contemporain(s). C’est facile, pas de problème.
    Le crobar de Koons que j’évoquais plus haut n’a pour autant pas plus de valeur que la culotte de Madonna ou de Johnny, celle du fétichisme lié à une vedette quelconque. Il y a, bien sûr, un marché pour ses souvenirs, comme pour les pansements herniaires du XIXème siècle, mais la valeur de l’objet en lui-même est nulle. Ma petite amie peut porter les mêmes culottes que la Madonna (encore que celle-ci doit les acheter par grosses), elle n’aura, éventuellement, de valeur que pour moi, au pire pour le voyeur du 4ème, en face.
    Tout comme le filtre à café de ton amie n’a de valeur que pour un cercle autour d’elle. Une valeur sentimentale. De là à en tirer une étude de marché, balpeau ! Quant bien même elle griffonnerais sur du vélin tiré à quatre épingles comme en gâche tant M. Gendreau.
    J’ai visité le Salon du Dessin (et de la Peinture à l’Eau). Allez ! S’il y a 10 dessins qui tiennent la route ! C’est vrai que ce salon est en fait devenu celui de la peinture sur papier.

    Quelque part, je suis à côté de la plaque. Il y a, quand même, un marché du dessin, même si les galeries n’aiment pas le papier (pas assez bankable, comme tu le dis). Mais c’est celui du dessin FINI. Du dessin réalisé comme une œuvre à part entière. Est-ce pour autant du dessin « contemporain » ? Je ne crois pas. Du dessin, tout simplement. Sans émotion, avec du métier (quelquefois, le beau papier ne suffisant quand même pas, ni le marbre façon pierre tombale).

    Le dessin dont tu parles, moi, je le verrais plutôt comme une réflexion, une étude dessinée.. Le genre de chose qui se couvre de poussière sur une étagère, ou, épinglé au mur de l’atelier, jaunit au soleil. Pas comme un objet destiné à être mis sous verre
    On peut, avec du goût, se faire une jolie collection de ces dessins-là. Permettra-t’elle jamais de se payer une culotte de Koons, ça je ne crois pas.

  12. Maxime Coupez le 30 novembre, 2008 17:42

    Candide,

    permettez-moi :

    - de vous vouvoyer, et de vous rappeler que la courtoisie n’est pas un artifice.

    - de vous conseiller d’aller jeter un oeil aux dessins des “artistes d0010″. Vous verrez qu’il existe d’excellents dessinateurs, même si, je vous le concède, ils ne sont pas légion. leurs dessins sont aboutis, ce sont incontestablement des oeuvres à part entière, avec une vraie émotion, une vraie recherche.

    - de vous dire que je rejoins (à titre personnel) votre opinion sur les dessins de Koons : ils ne sont pas très bons. Mais ils portent en eux une forme d’authenticité certaine, le témoignage d’une recherche… A ce titre, ce sont des objets tout à fait dignes d’intérêt pour un collectionneur.

    - de vous rappeler que les auteurs de ce blog ont toujours été clairs sur ce point : la notion de “dessin contemporain” recouvre des réalités très diverses. Il y a certes les croquis hors de prix des stars de l’AC, mais il y a aussi de vrais dessinateurs hautement talentueux. Il est déplorable que ces derniers ne soient pas mieux considérés.

  13. Buzz l’eclair le 30 novembre, 2008 20:16

    ” ce qui ne vaut presque rien ne peut pas se dévaluer.
    L’achat de dessins d’un artiste inconnu constitue donc… le seul investissement sans risque !”

    A frequenter le marché de l’art on devient vite calculateur.
    le dessin ancien ou contemporain est marginal ,il regroupe des passionnés sans autre interêt que le trait………….

    Patrick G.

  14. corine.girieud@D0010.org le 1 décembre, 2008 9:23

    Bouhhh ! Je trouve les esprits bien grincheux par ici !
    Je ne vois qu’enthousiasme pour le dessin et pied de nez aux spéculateurs dans la conclusion de Maxime.
    L’humour passe mal par l’Internet, on l’avait compris avec le post de SLM sur l’exposition d’Annette Messager.
    Messieurs et Mesdames les blogueurs facétieux, merci d’orner vos posts de :) et de ;), afin que tout le monde se gondole !!

  15. mesguich jean yves le 2 décembre, 2008 15:42

    l’oeuvre d’art paradoxalement posséde un double statut, éthique et commercial.

    Pour autant elle ne rentre pas vraiment dans la catégorie baguette de pain, bien qu’elle puisse se vendre comme des petits pains.
    On pourrait définir comment se calcul le prix d’une oeuvre.

    Dans la grande majorité son prix de vente permet à une galerie de vivre ainsi qu’à l’artiste.

    Certe certaines oeuvres cachent la forêt par une côte plus où moins élevée voir absurdantesque. Mais la majorité des artistes contemporains n’ont pas de côte et parler sur leur dos de spéculation me parait assez absurde.
    Quand vous achetez disons un produit de luxe, sac etc l’achéte t’on pour spéculer? ou pour d’autres raisons?.
    Je ne parle pas de marchands ou de galeristes n’est ce pas Christian où la revente ne se fait généralement pas avec de gros bénéfices
    Il me semble qu’il serait prudent pour un bon achat, de former son regard, parler avec l’artiste, le galeriste surtout, former son goût et acheter par plaisir. Si un jour vous vous sentez l’âme de revendre telle ou telle piéce et que quelques piécettes s’ajoutent vous achèterez à nouveau toujours par plaisir

    quand aux côtes surprenantes elles ne répondent en rien à la valeur de l’oeuvre mais obéissent a d’autres critères

  16. Christian Berst le 11 décembre, 2008 8:49

    Oui, Jean-Yves, j’ai déjà eu l’occasion, aux premiers temps de ce blog, de parler des “objets de désir” qui finissent marchandise. Alors, oui, l’art n’est pas exactement une baguette, mais il est certainement aussi nourrissant … et nécessaire. Sans quoi, qu’est-ce qui nous différencierait des amibes à part de mettre une écharpe pour sortir dans ce froid décembre ?
    Attention, je n’ai pas dit que l’art était “utile”, je laisse ça aux écharpes. L’art est même plutôt inutile, mais avec distinction. Et comme l’inutile est indispensable …
    Et comme cette forme de subversion inhérente peut déranger dans notre société consumériste, qu’on ne s’étonne pas que ladite société cherche à ramener l’art à une fonction “utile”, une denrée patrimoniale, donc à engendrer de la spéculation, comme sur le sucre ou le pétrole.
    La question serait “cette spéculation rend-elle le sucre moins goûteux et le pétrole moins essentiel” ?
    Le galeriste que je suis a la faiblesse (?) de penser que non, bien sûr.

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