Semaine du Dessin, Paris 2009 : Virginie de Limbourg

Son curriculum vitae ne fait peur à personne, cherchant à masquer un début de carrière bruxelloise parfaitement conventionnel.
Puis vient sa voix, leur deux voix , en fait : Frédéric, son mari, est toujours là, attentif et discret. Sa voix, donc, est la voix d’une jeune fille un peu timide, d’excellente éducation. Sa page web est jeune aussi, simple et légère.

Ne regardez pas trop les photos de son site ou de son blog : elle sont d’une nullité affligeante. Ouvrez plutôt ses cartons à dessins et tout ce que je viens de dire sera oublié ! Séries précisément alignées de dessins, d’encres, de plaques de verre gravées sont là pour vous parler de tout - sauf de jolies manières. Elle avait bien fait de me préciser, la première fois où nous avons parlé au téléphone : “Je suis une jeune mère de famille“. J’ai téléphoné à Virginie de Limbourg une demi-heure après avoir reçu son dossier de candidature. Ce n’est pas exactement dans mes habitudes. Mais la force de son travail, sa fraîcheur, sa cruauté m’ont ravi. Quel beau spectacle ! Quelle modernité ! Une Louis Ferdinand Céline en robe à smocks ! Carl Gustav (Jung) aurait adoré !

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Dieu des Artistes, faites qu’elle ne change pas ! Qu’elle ne finisse pas - célèbre et mondaine - dans les grosses galeries de Chelsea ! Qu’elle garde ses règlements de comptes, son humour, ses cauchemars et son immense joie de vivre ; pour la vie, malgré la vie, pour l’amour de l’art !

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Du 27 au 29 mars, Virginie de Limbourg sera présentée à la FID
par le Cercle D Bruxelles - Daphné de Hemptinne.

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Serghei Litvin Manoliu, FID 2009

Commentaires

2 Réponses à “Semaine du Dessin, Paris 2009 : Virginie de Limbourg”

  1. Maxime Coupez le 17 février, 2009 21:36

    Incroyablement détaillés, emplis de symboles et de subtilités imperceptibles à première vue, les dessins de Virginie de Limbourg sont de ceux qui nécessitent une attention soutenue, une observation attentive et prolongée.

    Comme dans un très bon roman, Virginie de Limbourg multiplie dans ses dessins les niveaux de lecture. On y voit une chose différente à chaque fois que l’on s’y repenche. Quel plaisir cela doit-être d’en posséder quelques-uns pour pouvoir les redécouvrir indéfiniment!

  2. de Hemptinne le 23 mars, 2009 10:52

    Fragile, absorbant, délicat, rugueux , la papier est le havre où pour Virginie de Limbourg se lient désir de dessin et dessin du désir. Sur la surface blanche, maculée de rouge et de roses, tachée comme par une pluie, là se passionnent les destins et desseins du désirs. Elle nous emmène avec légèreté dans ce souffle vital ou le désir se plait, se complait, se déplait . Elle habille de sa main les rêves et cauchemars de l’intime . Entre désirs oiseux et candeur enfantine , elle flatte notre regard d’orages violents, de brises fines , de havanes de plaisirs.

    Fragments, morceaux, déchirement, ravages, entre évolution et métamorphose , arrêts hybrides à cheval entre l’humain et l’animal, suspens de l’enfance, univers végétal qui ne se fond en aucun paysage…. Voilà aussitôt que les figures se chevauchent dans des espaces qui refusent de se poser à plat. Le dessin dit l’impossible cohérence de la structure. Le vent souffle, c’est un perpétuel mouvement, une ronde, un courant vital.

    Fascinantes apparitions , que ces désirs cachés et ces vœux destructeurs. Ils surgissent par des traits comme des griffures, sous une pluie de taches, sous des lavis précis et délicats. Tout apparait , et s’échappe …Tout est ouvert rien n’est fini, ni ne commence. Mais çà et là quelle précision dans cette hâte, quelles découvertes. Et puis quel humour! Un manichéisme enfantin , où l’on se régale entre vent frais et noire crasse, entre rouge bonbon et gris brouillard, entre chien cabot et loup fées.

    Figer les évanescences du désir, la déhiscence du sensuel , Virginie dessine et se régale. Crayon, bic, calque et décalque. Des femmes et des fables, des femmes affables ou des destin fatals d’enfantement, des cycles de vie et d’envie. Avec un plaisir malicieux , elle nous laisse errer dans ses espaces impossibles, vertiges du désir, de l’amour. Un clin d’œil, des yeux partout, des bouches de rage ou de volupté…envie , nécessité, une urgence. Il faut écouter: ça murmure, ça chuchote, ça souffle, ca crie.

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