Spectaculaire rencontre au-dessus du volcan en pleine éruption - dernière page dédicacée

 Une semaine de vacances, après sept mois de travail FID 2010, c’est un minimum. Agence de voyage, réservations, billets, tout été pris des semaines à l’avance. L’Islande est mon rêve depuis toujours. La veille du départ nous apprenons le début de l’éruption. “Vous y allez quand même ?!” Évidement : raison de plus, même !

Dans l’avion, suis assis à côté d’une jeune femme sérieuse, qui tape sur son mac pendant tout le voyage. Ce n’est qu’au moment où, approchant des côtes islandaises pour l’atterrissage, devant l’ampleur de l’irruption, bien visible à travers le hublot, que nous échangeons les premiers mots.

Depuis un an, nous cherchons un contact avec Bruxelles : Commission européenne, subventions, programmes… Petrus Viljoen, membre de la FIDteam, est en charge du dossier, lequel n’avance pas bien vite. C’est un monde à part, complexe, très politique, hautement administratif… Et notre projet, notre profile, notre aventure n’entrent pas dans les “lignes budgétaires” standard, pré-établies… c’est toujours “ailleurs” que nous devrions, nous dit-on, déposer d’imposants dossiers…

“Que faites-vous” je lui demande. Et la jeune - et jolie - dame studieuse me dit : “Je dirige une structure pour guider les projets innovants dans le domaine de la jeunesse pour la Commission européenne.”. Pendant les dix minutes avant d’atterrir, ignorant les torrents de lave, indifférent aux soixante-quinze tonnes de cendre (l’équivalent de cinquante baleines)  que le volcan projetait chaque seconde, savez-vous ce que j’ai fait ?
Voici une liste relativement complète de mes actes :

1  Je l’ai fixée, l’air relativement stupide.

2  J’ai fermé les yeux, puis j’ai inspiré, profondément.

3  J’ai ouvert les yeux : elle était toujours là, une vague inquiétude dans le regard.

4  Et là je me suis lancé dans le plus grotesque numéro de claquettes que j’ai fait de ma vie ! Essayez de faire ça, vous, attaché-assis, en classe économique : vous comprendrez !

5  Je postillonnais d’enthousiasme ! Je vibrais d’un élan pan-européen dévastateur ! Je lui racontais ma vie ! L’équipe ! Notre admirable pauvreté ! L’enthousiasme de la FID ! L’esprit novateur !

6  Elle avait l’air plutôt heureuse que je sois attaché, je crois… mais elle l’était aussi, à côté de moi, et cela avait l’air de lui plaire peut-être moins.

7  Je lui ai donné ma carte.

8  Puis le numéro de téléphone fixe, puis le mobile.

9   J’ai fait le coup des quatre grand-parents de quatre nationalités européennes différentes (ceci est exact : polonais, roumain, russe et allemand).

10  “L’Europe, patrie du dessin !”, “Le dessin : colonne vertébrale des beaux-arts!”, “Les étudiants, l’avenir, l’Europe !”… j’ai sorti tous mes clichés.

11  Elle avait l’air de commencer à comprendre - la présence de Paule à mes côtés la rassurait aussi, je crois…

Dès l’atterrissage, l’aéroport à été bloqué ; vous connaissez la suite de l’histoire.

De retour à Paris, elle a accepté de me rencontrer. Rentrée en avion + voiture sur des milliers de kilomètres. Nous voici l’un devant l’autre, à la terrasse d’un café, dans l’Île Saint Louis, en plein soleil, ex-réfugiés de luxe reconvertis sur une autre île.

J’ai décidé de ne plus écrire “Cinquante Baleines Pas Seconde”. J’attendais cent souscriptions pour lancer l’impression - je n’ai eut que le tiers. Ceci est la dernière page d’un livre que je n”écrirai jamais. Je la dédie à Claire et, puisqu’elle me l’a demandé, j’y attache quelques photos, souvenirs d’un touriste des catastrophes, en hommage.

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Commentaires

2 Réponses à “Spectaculaire rencontre au-dessus du volcan en pleine éruption - dernière page dédicacée”

  1. Anthony le 18 mai, 2010 22:18

    Les rencontres peuvent parfois bouleverser une vie (dans le sens positif), un exemple littéraire, (aucun lien avec vous bien-sûr), le Prince Mychkine rencontrant Parfione Rogojine dans le train de St-Pétersbourg, un regard, un seul instant, la façon de porter ses vêtements, un indice dans le paysage forment un tricot que le temps s’anime à tirer le fil, pour enfin découvrir le trait d’une discussion de plus en plus vive, certes cordiale mais passionnante!

  2. catherine willis le 19 mai, 2010 12:21

    eh bien ,eh bien ,il s’en passe des choses autour de ce volcan !
    J’ai l’intuition que ces 50 baleines à la seconde
    vont bientot émerger autrement.Ce n’est que partie remise.

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