The United States of Hollywood
Après un temps de réflexion, nous devons constater que Damien Hirst et Jeff Koons sont les artistes majeurs de ce début du vingt et unième siècle et que leurs icônes sont le point de passage entre le Temps de la Tragédie Identitaire (symbolisé par Hiroshima) et l’entrée dans le Temps du Spectacle Mondialisé (9/11). Leurs montages financiers sont pleins d’humour - et rapportent des milliards de dollars.
La fonction prophétique des images de ces deux fabricants d’icônes modernes est essentielle pour la compréhension du monde à venir.
À travers une négation formelle des notions d’art, de valeur, ils démasquent la pauvreté de l’Homme qui a tout perdu, la pauvreté de l’Homme qui n’a plus que l’argent. Et à cet Homme-là, au Pauvre qui n’a plus que de l’or, ils font payer le prix maximum, the highest price ever paid !
If I was you, I would not be here…
Tandis que les has been des Beaux-Arts pleurent, revendiquent leurs chers, leurs obscurs anciens idéaux chancelants : la peinture à l’huile, les congés payés, les trente-cinq heures, Versailles, la guillotine !
Je les vois comme s’ils y étaient : le Front Popu au grand complet affrontant la 82nd Airborne ! (soutenue par une laaarge escadre de TU 95)… encore un voyage au bout de la nuit mais, cette fois-ci for real, en siège éjectable !
post scriptum :
Et ceci pendant que le pauvre Yvon Lambert expose ses étrons… et que André Rouillé réagit à sa façon : “C’est toujours violent, spectaculaire, et terriblement ambigu. C’est souvent grand, beau, fort, et politique aussi. Mais c’est, là encore, l’image d’un monde qui semble avoir dramatiquement oublié la vie.”
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Commentaires
4 Réponses à “The United States of Hollywood”
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à lire l’article du monde:
http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/09/26/galeries-de-l-art-de-faire-evaluer-ses-oeuvres_1099996_3246.html
comme quoi on peut peut-être faire quelque chose
On pourrait effectivement faire quelque chose si les “dissidents” s’unissaient pour défendre et exposer en groupe leurs créations de facture classique donc prochainement (la “crise” aidant) de retour.
Alors bienvenue au(x) “locomotive(s)” !
Amical et inconditionnel soutien.
Bernard
http://www.bernardmaricau.com
Oubliez le veau d’or de Hirst. Oubliez Le coeur gonflable de Koons. L’oeuvre d’un artiste vivant ayant atteint l’enchère la plus élevée de l’histoire est un simple tableau figuratif. 35 millions d’euros pour “Benefits supervisor sleeping” de Lucian Freud. L’acheteur? Roman Abramovitch, of course.
Lucian Freud n’est pas un cas isolé. Peter Doig et Gerhard Richter, de vulgaires peintres, ont aussi atteint les sommets du hit parade.
Le summum de la subversion (le summum du chic): la peinture. Et le dessin, bien entendu.
Bernard : Pour être assez impliquée (!) dans le Blog du dessin contemporain, je me permets de préciser ici que, très personnellement, je n’ai pas envie de voir cet espace d’expression devenir un camp retranché des fustrés de la création contemporain. Non pas que je prétende que VOUS soyez fustré, mais vous connaissez les arguments des attaques faciles : si on râle un peu trop, si on se révolte en avançant “la qualité”, on se retrouve classé illico dans la catégorie “fustrés”, voire “réac”.
Il faut donc trouver autre chose ; ne pas être tant dans le rejet et le refus que dans la proposition permanente afin de prouver qu’en art, il y a toujours le choix de ne pas aller là où tout le monde se précipite… nous dit-on…