Thomas Müller chez Vidal-Saint Phalle : dessins
Thomas Müller sait rester plusieurs secondes silencieux avant de répondre à une question. Son élocution est du genre pré-socratique, faite de fragments longuement réfléchis :
“(…) … je peux prendre les petits dessins à la main, plusieurs en même temps… (…) Les grands imposent un autre rythme. Mais toujours la tension entre vide et plein. (…) Tandis que les petits sont nécessaires les uns aux autres, les grands dessins sont auto-suffisants. (…)”
C’est quelqu’un de totalement concentré, obstiné, que rien ni personne ne peut faire dévier de son chemin. Quand je regarde son travail, l’oeil va toujours en premier vers ses dessins “chargés”. Pourtant, les “vides” justifient les “pleins”…
Bernard Vidal parle de Thomas Müller : “Plus de risques sont pris dans les grands dessins ; la difficulté du grand format est différente entre peinture et dessin…“.
Stefan Gronert, cité par Andreas Schalhorn dans le texte qui accompagne l’exposition parle de l’aspect heuristique du travail de l’artiste. C’est exact : ici, la prise de risque est à la fois assumée et à chaque fois augmentée. Ainsi, chaque dessin n’est pas “la vérité”, mais une vérité temporaire… et cela est particulièrement visible dans les grands formats traités comme des “vides”.
Andreas Schalhorn (Staatliche Museen zu Berlin, Kupferstichkabinett) : “… malgré l’entreprise risquée que représente chaque nouvelle quête de l’image (qui mène parfois à des dessins semblant, sur le plan formel, n’appartenir à aucun groupe)…“. Remarque intéressante qui souligne “l’obstination heuristique” du grand dessinateur allemand.
Vernissage demain, samedi 31 janvier, à la galerie Vidal - Saint Phalle : un évènement.
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