Travailler plus pour gagner moins !

Est-ce l’âge ou bien l’alcool ? Le fait est que je me répète, parle du passé et déteste les jeunes (aussi !). Cela fait un bon moment que j’essaye d’expliquer aux élites ce que c’est que le dessin. Que le dessin n’est pas une “oeuvre sur papier” , ni une aquarelle, ni un pastel, ni une gravure, ni une bande dessinée, etc, etc… Vous souvenez-vous ? Je disais : L’expertise, la compétence, le savoir-faire sont aussi d’excellents arguments (comme le disait, d’ailleurs si bien, la grande blonde pulpeuse au petit monsieur indécis…)…. Je me répète, je vous dis…

C’est comme le krach boursier, la crise mondiale qui ne fait que commencer : il y en a qui s’imaginent qu’elle est en train de se terminer avant même qu’elle ne commence vraiment ! Dans trois mois vous pouvez aller de ma part chez Gagosian, à New York, ce sera vraiment pas cher ! Attendez un peu, vous verrez… Feu Lehman Brothers doit écouler trois mille pièces “contemporaines”… le printemps s’annonce sportif…

Mais je m’égare : nous parlions de la dame blonde aux confortables formes et de son chétif client. L’opulente personne mettait en avant la tradition d’un savoir faire indubitable, la qualité du service et, surtout ! la satisfaction du client… Je suis comme la dame experte : je veux vous faire profiter de mes compétences - dans le but de vous donner entière satisfaction (artistiquement parlant). Je veux vous faire pleinement profiter de la crise ! Je veux secouer un peu le système. Il n’y a pas d’autre solution : travailler dur et gagner peu ! Voilà mon programme électoral ! Suis sûr que vous allez tous m’élire ! Sinon, allez chez Benny Madoff, il vous fera gagner du 10% par an sans aucun risque. Promis !

S L M

Commentaires

5 Réponses à “Travailler plus pour gagner moins !”

  1. Maxime Coupez le 7 janvier, 2009 18:23

    The Art Newspaper publie une série d’articles sur l’état du marché de l’Art en Russie, en Chine et en Inde: “No market is immune”.

    Partout, le constat est le même : les prix chutent, les ventes baissent, les subventions privées disparaissent.

    Il est évidemment interdit de paniquer : les termes “correction”, “opportunités”, “pragmatisme” sont à la mode.

    Pudique mais visionnaire, un collectionneur moscovite prédit : “The crisis will certainly lead to fewer contemporary art sales”.

    Et il ajoute : “Still, artists will continue to create, and perhaps they’ll think less about making money and more about making good art”.

    Cette crise est une chance : elle est l’occasion de remettre en cause ce qui est établi, d’imaginer d’autres moyens de promouvoir - et de vendre - l’art d’aujourd’hui. Il ne reste plus qu’à agir.

  2. lallement amélie le 9 janvier, 2009 16:54

    Mais,hélas,
    en remontant de l’atelier,
    Cave salasse,
    Cave mouillée:
    Je m’aime à espérer
    Je revasse
    Que ce moment passé,
    m’a mariée a l’éternité

  3. Eva Quintard le 13 janvier, 2009 1:31

    Dois-je avoir peur de la crise ? Toujours dans un souci de précision, j’ouvre mon dictionnaire et me retrouve face à une étonnante étymologie : Krisis (en grec) signifie jugement, déchirement, choix, décision. Face à cette situation de crise mondiale, une remise en question du système établi du marché de l’art va probablement se faire dans les prochains mois. En effet, les galeristes puis les maisons de vente vont devoir revoir leur prix et leurs estimations bien souvent surévalués. Déjà on a pu lire dans le journal des arts qu’un grand nombre de lots ont été vendus moins chers que leurs estimations lors des dernières ventes. De surcroît, les calendriers des galeries vont probablement être bouleversés. Les galeristes auront-il encore les moyens de participer à plus de trois foires par an ? Feront-ils encore autant d’expositions ? En ce qui concerne la production des œuvres, les artistes trouveront ils encore les fonds nécessaires pour créer des installations gigantesques et quasi invendables ? Mais finalement, tout cela est-il grave ? Si on regarde la définition chinoise du mot crise, on trouve deux mots : danger et opportunité. Cette vision très optimiste de la crise, nous montre que c’est peut-être une chance pour l’art et pour ses amateurs.

  4. Doire Pierrette le 13 janvier, 2009 22:00

    Pourquoi parler de crise sur le marché de l’art alors que nous pourrions considérer cette crise comme le signe d’un renouveau?
    Les prix baissent car ils sont liés d’une manière ou d’une autre aux marchés financiés.
    Les acheteurs se font de plus en plus méfiant et une véritable sélection se met en place.
    Soyons optimistes et espérons que le dessin retrouvera la place qui lui est dû.
    Soyons exigeants et ne cédons plus aux tendances, exigeons des oeuvres de qualités.

  5. S L M le 3 février, 2009 21:08

    Je revasse
    Que ce moment passé,
    m’a mariée a l’éternité

    Amélie nous rappelle à l’ordre ! Et elle a raison !

    Elle “ferme le ban”, elle nous “marie à l’éternité”.

    Et, dans ce sens, celui de l’éternité et de l’art, nous devons être reconnaissants à Amélie Lallement.

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