USA 1948 : déjà !
Ceci ce passait il y a exactement soixante ans : le grand Fernandel et le photographe Philippe Halsman “jouent” une interview dans laquelle l’acteur “répond” par des mimiques aux questions posées. Le livre The Frenchman eut alors un retentissant succès ; Taschen l’a ré-édité en 2005.Voici la réaction du comédien à La Question sur l’art moderne :
L’idée des perles d’ACulture m’est venue avant les vacances. Quelques amis l’ont trouvée drôle et ont manifesté leur envie d’y participer. J’ai décidé de collectionner - grâce à vous tous ! - les textes les plus cuistres, les plus corrects (politiquement), les plus sots, les plus ridicules parus en France sur l’art contemporain (qu’ils soient imprimés ou sur le net) et d’en faire un bouquin, un cruel florilège, une honteuse apothéose !
Attention, tout le monde y passera : ministres, artistes, critiques, marchands, droite et gauche, riches et pauvres… Le Petit Livre Rouge (de Honte et de Mort de Rire) : perles d’ACulture sera signé par D0010 et publié en partenariat avec Face-à-l’Art et les éditions LeLivredArt.com
Nous attendons vos perles. Envoyez-les nous accompagnées de justificatifs : nom de l’auteur, de la publication ou du site, date, contexte… Plus c’est court, mieux c’est ! En attendant la publication du livre, le blog du dessin contemporain, D0010, les mettra en ligne…
Quelques articles pour continuer votre lecture:
Commentaires
13 Réponses à “USA 1948 : déjà !”
Ecrire un commentaire:

Il ne s’agit pas d’une perle (excusez-moi de mal jouer le jeu) mais d’un article savoureux dans “Le Monde” sur le collectif Présence Panchounette au CPAC, à Bordeaux : http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/08/22/l-exposition-presence-panchounette-chahutee-a-bordeaux_1086770_3246.html#ens_id=1086834
Voici un premier échantillon de “perles d’ACulture” que Face À l’Art - Pierre Marie Ziegler vient de nous envoyer.
Merci de nous signaler celles que vous préférez - et n’oubliez pas que ceci est un premier test “brut de décoffrage”…
« Arrêtez de peindre «
Jorg Immendorf (Cité par Michael Diers : « De l’urgence de la peinture ou l’image dans l’image » . Catalogue Urgent Painting, p. 33.)
« Tout comme le collage a remplacé la peinture à l’huile, les écrans remplaceront la toile ».
Name June Paik-1977. Cité par M. Dyers. Catalogue Urgent Painting, p.33.
« La publicité d’une entreprise en électronique suggère finalement mieux, et avec une logique implacable, la fin apparemment définitive du tableau de salon et de galerie ».
M. Diers. Cat. UP , p.39
« Les couleurs primaires ne sont plus le rouge, le jaune et le bleu, mais la palette de la conscience sociale, ethnique, raciale et sexuelle ».
Kim Levine
Peinture Emblêmes et Référence.P.137
« La surface de la toile a moins de pertinence que la peau humaine ».
Kim Levine
« La peinture comme fantôme : la peinture est si vieille désormais, une trace à peine visible chez Sergueï Jensen »
Patricia Falguière
« j’aimerais souligner à quel point la peinture demeure pertinente dans le tiers monde. Je ne sais pas pourquoi, peut-être est-ce à cause de l’enseignement académique, sorte de réception retardée du modernisme, ou du fait que nombre d’espaces du tiers-monde, comme on les appelle, s’interessent encore beaucoup à un discours académique des années 50. »
Okwui Enzevor. Entretien avec Julia Garimorth et Hans Ulrich Obrist Catalogue UP. Page 62
« Trop souvent, j’ai été consterné par la peinture. »
Charles Esche Cat UP Page 63
« Soyons francs, la peinture, toute urgente soit-elle, traîne un corps aussi liminal et déliquescent que celui de Lazare. »
Caroline A. Jones UP p.91
« Qu’a donc la peinture aujourd’hui que n’ait pas aussi la photographie ? »
C.A.Jones UP p .93
« La peinture n’a pas vraiment sa place dans les conceptions de la gauche .Comme le clergé, en somme, elle (la Gauche) a le pouvoir de décider qui doit avoir honte . C’est la grande culpabilisatrice dans notre société ».
« Une partie du problème réside dans le fait que peindre est trop complexe ».
John Currin interview par A.M.Gingeras
« Il a tellement été reproché aux peintres d’être bêtes »
Bertrant Lavier
« s’il est une idée qui me fait particulièrement horreur c’est bien celle de consensus. Il y a derrière, sous-entendue, toute une idéologie diplomatique de la négociation et du partage que, bien entendu, je ne partage pas ».
B Lavier
Et voici une autre, que Face À l’Art - Marie Sallantin vient de nous envoyer.
Bertrand Lavier Libé 24 juillet 2004 inteviewé par François-Henri Debailleux et Elizabeth Lebovici:
“On ne parlait pas d’argent il y a dix ou quinze ans. Aujourd’hui, les artistes sont comme des pilotes de F1 à aller chercher les sponsors avant de monter dans la voiture. Si vous n’avez pas vos sponsors vous n’entrez pas dans le musée, ce qui veut dire avoir la bénédiction d’un autre type de clergé.”
Face À l’Art - Pierre-Marie Ziegler dixit
J’en ai une autre, de Lavier, très proche:
“Quand je pense qu’on parlait des années quatre-vingt comme des années fric, alors aujourd’hui, qu’est-ce qu’on devrait dire! Le marché de l’art a pris des proportions aberrantes.
Bertrant Lavier. Magazine. Eté 2008.
Et Face À l’Art - Marie Sallantin :
” Les critiques ont disparu parce que leurs critères étaient ceux du modernisme. Quand l’on a affaire à des gaz ou à des parfums, il reste à faire la promotion de marques – exactement comme pour les parfums de l’industrie du luxe. Si bien que, très normalement, les critiques se transforment en publicitaires.”
Yves Michaud interviewé par le collectif Le GIGA 2003
http://declerck.chez-alice.fr/giga/michaud.php
et puis il y a celle-ci déjà à vous envoyée qui pour moi est un summum dans la confusion des tâches (d’où la dérive actuelle des musées 30 ans après cette déclaration d’un haut responsable de Beaubourg)
Bernard Blistène
« le musée, somme toute, se doit d’être ici le bon représentant du commerce »
Beaux-Arts magazine sept 1997
A l’occasion de la présentation d’un projet de Fabrice Hyber(t)
On pourra réfléchir sur ceci : « En cette époque dite de culture de masse, ce ne sont pas les masses qui manquent de culture, mais plutôt les élites. Il est rare d’entendre dans un autobus des bourdes aussi monumentales que celle qu’on remarque à la télévision ou dans les journeaux. »
Claudio Magris, propos recueillis par Eric Naulleau dans “Le Matricule des anges”, 2001, p. 20.
Un exemple pour illustrer cette réflexion ?
“Libération” du mardi 26 août cite cette remarque de Jeff Koons à propos de son événement versaillé : « Cette exposition éclairera la philosophie de mon œuvre. »
Encore une perle de Marie Sallantin :
Une antenne des beaux arts à Saint Ouen
“……l’occasion de s’agrandir et de sortir de l’école les pratiques lourdes, comme la céramique, la forge, la taille directe sur pierre, les matériaux composites qui sont à la fois mangeuses d’espaces, d’énergie et qui font du bruit.”
Henri-Claude Cousseau
Directeur de l’ENSBA
Libé entretien avec Debailleux 9/10août 2008
Aude de Kerros nous gâte !
Voici ce qu’elle vient de trouver dans Le Monde (Dimanche Lundi 8 septembre, page 21) : une perle rare… une déclaration de Emmanuelle de Noiremont de la Galerie Noiremont qui vend à Paris les oeuvres de Jeef Koons pendant l’exposition de celui-ci à Versailles qui commence demain le 10 septembre.
“Jeef Koons attache autant d’importance à l’arrière de ses sculptures qu’à l’avant, car selon lui une oeuvre est faite pour être regardée de tous les côtés”
Du nouveau, toujours du nouveau! Personne n’y avait jamais pensé…
Aude de Kerros :
Décidément Les Noirmont, actuels marchands de Jeff Koons; ont quelque chose à dire:
Jérôme, cette fois-ci, remet ça dans le Figaro du 10 septembre….
“Que l’on aime où que l’on déteste Jeff Koons, jamais on a tant parlé de Versailles!”
On devrait exiger le certificat d’études aux gens qui ouvrent une Galerie, non?
Notre brillant Maxime Coupez nous envoie ceci:
Impossible de trouver sur le blog le post consacré aux perles d’ACulture… Je vous en envoie donc directement quelques-unes. Elles sont de Damien Hirst, évidemment.
Il y aurait de quoi faire un livre avec ses déclarations choc:
I sometimes feel that I have nothing to say and I want to communicate this.
Artists are like everybody else.
What I really like is minimum effort for maximum effect.
Anything you can do with your hands and feet. Great.
I mean, people listen to music, and they like that, but I think in England, a lot of people don’t like contemporary art.
Unlike equity, paintings are things you can actually enjoy and hang on your walls.
I think Art’s about life.
J’espère qu’elles vous (dé)plairont.
Attention : Maxime Coupez revient !
Vous pouvez (dit Maxime) tirer parti de cette phrase prémonitoire:
“I think suicide is the most perfect thing you can do in life”
Voici quelques autres fulgurances:
A lot of people thought I wasn’t doing anything because I was spending a lot of time socialising and going out, but I’ve always managed to get work actually done.
Sometimes when you’re drunk you can see better.
I’ve seen things that are 200 years old, in formaldehyde.
I think an ashtray is the most fantastically real thing.
It cost me a fortune. The glass is three inches thick, and it’s bulletproof - it has to be, for security reasons. And for the shark piece, it cost 28,000 pounds just for the glass. And people just go, “Gets a shark, puts it in a tank. That’s not art.”
I’ve never been limited in terms of my ideas, but by cash.
Sur France Culture, dans Tout arrive ! d’Arnaud Laporte, le 26 09 2008, Mark Lewis, plasticien:
“Mon film commence au début et se termine à la fin. Et ça m’a beaucoup appris !”
Quelques nouvelles citations:
Un grand classique de Tobias Meyer, de chez Sotheby’s:
“The best Art is the most expensive because the market is so smart.”
Sur la page wikipedia d’un jeune artiste (Benjamin Renoux) très inspiré:
« Je pense que la photographie n’est pas une fin en soi et qu’il est magnifique de lui découvrir de telles dimensions inexplorées, au-delà de ses frontières. Tout ce que l’impression et l’objectif ne peuvent pas rendre. C’est bien là le cœur formel de mon travail. Apporter une deuxième subjectivité à une photographie dont la première, néanmoins toujours essentielle, a été emprisonnée par l’objectivité de l’impression. Impression qui, d’ordinaire rarement dépassée, autorise sans état d’âme dès sa réalisation l’enfermement de la photographie sur elle-même. Je cherche à ajouter à la représentation visuelle de ce que notre œil voit la représentation visuelle de ce que l’on ressent. En apportant physiquement une présence humaine à l’objet-photographie, je veux concrétiser de la manière la plus pertinente le miroir de mon intérieur en stimulant par la vue les sensibilités intellectuelles les plus lointaines des spectateurs de mes œuvres. C’est par ce langage que je parviens au mieux à tricoter l’humain avec ses interactions. J’ironise ses croyances pour souligner ses souffrances et partage ma personne et ma vie avec mon art qui est pour moi depuis longtemps mon premier et mon dernier recours. »
Pour finir, une banalité de Nicolas Sarkozy:
“Pour moi, toutes les oeuvres ne se valent pas.”
“Our goal is to make the museum a place of experimentation: a fitness center for the spirit, a sensorial experience that is cerebral, emotional and spiritual. (…) The presence of MoMa on social networks like Facebook, itunes U, or even Youtube, is accompanied by an active pay per click reference campaign on Google Ads,” says Kim Mitchell, of MoMA.
“A fitness center for the spirit”: quelle poésie!